Tom, petit Tom, tout petit homme Tom – Barbara Constantine

 Éditeur : Robert Laffont / Collection R
Nombre de page : 401
Date de parution : 16 mai 2013
Prix : 17,50€

Tom--petit-TomRésumé : Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobile home avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l’a eu à treize ans et demi). Comme Joss adore faire la fête et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va chaparder dans les potagers voisins… Mais comme il a peur de se faire prendre et d’être envoyé à la Ddass (sa mère lui a dit que ça pouvait arriver et qu’elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), allongée au milieu de ses choux, en larmes parce qu elle n arrive pas à se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom n’était pas passé par là…

Mon avis : Ce petit livre m’avait fait un ‘tit clin d’œil lors de mes pérégrinations sur les sites de livres d’internet. Je m’étais dit « tiens, me tenterait bien » et Marly a du l’entendre parce que je l’ai reçu pour un de mes anniversaires. Il a fallu quelque temps avant que je puisse le sortir de ma PAL et, fin de mois oblige, je l’ai sorti en mai pour ajouter un livre à mon compte de livres lus.

Tom a 11 ans et sa maman n’est pas beaucoup plus vieille que lui. Elle l’a eu très jeune et à 25 ans elle aime surtout s’amuser. Comme ils n’ont pas beaucoup d’argent, Tom a pris l’habitude de voler dans les jardins potagers. Un soir il trouve une dame de 93 ans tombée au milieu de ses choux, il la relève et c’est le début d’une nouvelle amitié.

Ce livre est très court, il fait 211 pages et mon avis le sera lui aussi.
Je lis peu de romans contemporains, pas que je n’aime pas, mais ce n’est pas ma « période ». Sauf que de temps en temps certains me tombent dans les mains pour mon plus grand plaisir.
J’ai beaucoup aimé suivre Tom et son petit monde. C’est un bonhomme attachant qui redonne espoir en la jeunesse actuelle. Parce qu’elle n’est pas très reluisante suivant ce qu’en disent les médiats en ce moment. C’est un bout de choux qui est toujours près à rendre service et qui s’intéresse aux autres même s’il n’a pas la vie facile. C’est son exutoire à lui.
Il est entouré d’une brochette de personnages très bien décrit qui eux aussi sont très attachants malgré leurs défauts. Ce livre est une vraie tranche de vie. L’auteure nous décrit la vie de petites gens sans que ce terme soit péjoratif. C’est juste une chronique d’une vie ordinaire. Des gens qui se cherchent, se trouvent, se font du mal parfois mais qui s’entraident et s’aiment malgré tout.
L’auteure nous montre que la vie n’est pas toujours rose, mais que si l’ont y met du sien, qu’on s’oublie un peu aux profits des autres, il y a un peu d’espoir.

J’ai passé un très bon moment avec Tom. Tellement bon, que je l’ai trouvé trop court.

 


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Le fils de manhattan tome 1 – Vol d’aigle – Bruno Garel

Éditeur : Belfond
Nombre de page : 312
Date de parution : 11 avril 2013
Prix : 19,00€ 4

9782714454560Résumé : Imaginez. Vous vous appelez Cham. Cham Wickware. Vous êtes un jeune New-Yorkais de vingt-huit ans. Le 21.12.2012, vous vous faites virer de votre agence de pub et vous êtes en retard au rendez-vous que votre mère psy vous a fixé. En traversant Times Square, votre portable tombe en panne et votre corps se dissout soudain dans la vapeur d’eau qui surgit d’une bouche d’égout… Quelques instants plus tard, vous vous retrouvez en 1612, dans la peau et les plumes d’un aigle royal survolant la végétation luxuriante de l’île de Manhattan. Vous disparaissez de nouveau dans la vapeur d’eau d’une hutte de sudation occupée par un jeune Indien qui pourrait être votre double. L’esprit du sauvage prend possession de vous. Vous vous réveillez en 2012, habité par l’âme de l’Indien qui n’a de cesse de vous demander de chercher le calumet sacré de son peuple pour sauver Manhattan des forces du mal et du déluge. Tout le monde vous croit fou. Surtout votre mère psy. Mais Vol d’aigle, l’esprit de l’Indien, vous donne d’incroyables pouvoirs chamaniques, à commencer par celui de voyager dans le temps pour accomplir votre mission : découvrir dans quel siècle un effrayant monstre ailé a caché le calumet sacré dans le but que Manhattan, reflet du monde, ne puisse jamais trouver la paix. Cham et Vol d’aigle sauveront-ils New York ?

Mon avis : Je ne connais pas grand chose au chamanisme, si ce n’est ce que j’en ai vu petite après chaque épisode des citées d’or (mais est-ce que ça compte – d’ailleurs, est-ce que ça en est ?) et quelques livres lus par-ci par-là, mais celui m’a tenté dès que j’en ai lu le synopsis.

Cham n’a pas vraiment de chance le jour de son anniversaire : il perd son boulot, ses parents veulent le voir alors qu’il a un peu de mal avec eux et son colocataire est un chouilla envahissant. Sauf que ça ne s’arrête pas là. Sa vie se complique passablement lorsqu’il se retrouve dans le corps d’un aigle est qu’il change d’époque…

Ce livre commence « classiquement », on suit Cham dans sa vie : travail, famille, amis… Et un jour tout bascule. Cet homme plutôt carré, qui aime que tout soit correctement rangé, parfaitement à sa place, qui consacre du temps à son travail et qui le fait bien, voit des choses bizarres se produire autour de lui, mettant à mal son côté cartésien. Du moins c’est ce que l’on croit au début, parce que oui Cham aime que tout soit exactement à sa place, mais il n’est pas si réfractaire que ça à l’arrivée du paranormal dans sa vie. C’est d’ailleurs assez étonnant. On aurait pu croire qu’il lutterait plus longtemps que ça à cette irruption de fantastique au moment où il s’y attend le moins. Mais non, notre petit Cham est assez ouvert finalement. Et c’est tant mieux, car cela nous permet de le suivre dans cette aventure plutôt originale.
Je n’ai jamais lu aucun livre de cet auteur et j’ai apprécié son style. Il écrit simplement, sans description excessive. Les chapitres courts s’enchainent facilitant la lecture. On change régulièrement de personnage, ce qui nous permet d’avoir différent point de vu de la situation. Mais n’allait pas imaginer que cela nous facilite la compréhension de l’intrigue ! L’auteur arrive juste à nous embrouiller un peu plus. Bon, d’accord, on arrive quand même à définir qui fait partie des méchants et qui fait partie des bons.
L’intrigue est bien menée et l’auteur fait vraiment preuve d’imagination quant à la trame. On perçoit à travers ses écrits sa connaissance de New-York et des croyances chamaniques. Grâce à lui j’ai réussi à parfaire ma culture générale.
Bref, un livre avec lequel j’ai passé un très bon moment et je me plongerai dans la suite avec plaisir.

Le petit plus : l’auteur a aussi écrit d’autres livres Signe de vie publié en 2004 et Source de vie publié en 2007, les deux chez Flammarion.

Je remercie les édition Belfond pour cette lecture.


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Délicieuses pourritures – Joyce Carol Oates

 Éditeur : J’ai lu
Nombre de page : 125
Date de parution : 22 octobre 2005
Prix : 4,00€ 230176_192996894079760_100001083537703_495596_7874030_s

delicieuses-pourritures-photo-copie-1Résumé :  » Des larmes me piquaient les yeux. Pas les larmes provoquées par le coup de téléphone de ma mère, la veille, mais les larmes de bonheur de mon rêve. Car la voix de mon professeur Andre Harrow était la voix même de mon rêve, sans aucun doute possible. Tu seras aimée, Gillian. Je prendrai soin de toi.  »
Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow. Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires… un drame se noue. En son centre, l’épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.

Un récit haletant, un roman dense et pervers par l’un des plus grands auteurs américains de ce siècle.
Mon avis :Offert par Marly qui avait vu dans ma wish que j’étais tentée par un autre des romans de cet auteur. C’est donc un premier contact avec Joyce Carol Oates et j’en ressors assez dubitative…
Gillian est étudiante dans une université du Massachusetts. Elle est amoureuse de son professeur de littérature. De mystérieux incendies sévissent sur le campus. Certaines des amies de Gillian arrêtent leur études en cours d’année sans donner de véritables raisons… Tout cela se mêle pour donner une fin plutôt dérangeante.
J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre, peut-être parce qu’habituellement je suis plus accès sur les lectures de l’imaginaire ou parce que l’auteure parle de périodes très différentes sur de très courts chapitres et que j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver.
Le livre est court, donc l’auteure va directement à l’essentiel, et c’est ce que j’ai aimé. On n’est pas étouffés sous des descriptions dithyrambiques. L’auteure dresse un portrait au vitriol de la société bien pensante américaine des années
1970. Cette partie de la société qu’on connait peu, car peu affiché dans les médias. Les américains sont assez puritains et ce roman en montre une autre facette. Celle qu’ils n’avouent pas, leur côté caché. Celui présent dans toute société, moderne ou non.

Gillian, le personnage principal, est très fragile. Elle est à l’âge où l’on recherche la reconnaissance des « adultes établis » et cherche encore à établir son identité. Paradoxalement à cause de cette envie de s’affirmer, elle va se retrouver dépendante dans la relation qu’elle entretient avec son professeur de littérature et la femme de ce dernier.
Peu à peu, tous les éléments qui n’ont l’air au départ d’avoir aucun lien, dont certains sont à peine évoqué pour être de suite oublié par le lecteur trouvent leur sens, et Gillian réussira à s’affranchir. Et là, je me pose la question : à quel prix ? En même temps, je pense que j’aurais fait pareil…
Ça vous intrigue ? Lisez le livre 😉


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Frangine – Marion Brunet

Éditeur : Exprim’
Nombre de page : 262
Date de parution : 6 mars 2013
Prix : 14,90€ 4

couv frangineRésumé : « Il faut que je vous dise…
J’aimerai annoncer que je suis le héros de cette histoires, mais ce serait faux. Je ne suis qu’un morceau du gâteau, même pas la cerise. Je suis un bout du tout, un quart de la famille. Laquelle est mon nid, mon univers depuis l’enfance, et mes racines, même coupées.

Tandis que ma frangine découvrait
le monde
le cruel
le normal
et la guerre,

ma mère et ma mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté des heures délicates.
C’est à moi que revient de conter nos quatre chemins.
Comment comprendre, sinon ? »

Mon avis : Après tout ce battage médiatique autour du mariage pour tous pendant des mois, ce livre a attiré mon attention. Je suis pour le mariage pour tous, pour moi l’essentiel c’est de s’aimer. Ce livre aborde le sujet de ces familles qui ont deux parents du même sexe, mais du point de vue des enfants, en l’occurrence celui de Joachim, 17 ans, qui relate les faits. J’étais curieuse de découvrir comment vivaient ces enfants.

Joachim est en terminal, sa petite sœur vient de rentrer en seconde. Ils ont deux mamans et si pour lui tout s’est toujours plus ou moins bien passé, il découvre que pour sa sœur cette rentrée est beaucoup plus difficile que prévu.

J’ai profondément été touchée par ce livre. Le style est simple, fluide, sans chichi l’auteure allant à l’essentiel. Normal, le narrateur est un tout jeune homme de 17 ans. Nous découvrons son univers, ses deux mamans et sa petite sœur, son lycée, ses amis, sa petite amie… Joachim a tout de l’ado normal, bien dans sa peau, sportif. Sa différence ? Avoir deux maman et d’être donc deux fois plus assailli de câlins, mais même s’il râle pour la forme, c’est finalement quelque chose qu’il apprécie.
Je voulais savoir quel était le quotidien d’adolescents élevés par deux mamans et, comme je le pensais au départ, j’ai constaté qu’il est le même que celui d’ados élevés par un papa et une maman. Ils ont les mêmes interdictions inhérentes à leur âge et les mêmes obligations (sorties, devoirs, corvées…). Bien sûr quelques incidents parsèment leur vie. Ils sont souvent confrontés à l’incompréhension et la méchanceté de certains. C’est le lot de tout adolescents, certes, mais leur problèmes divergent un peu. L’auteure nous montre à quel point notre société peut être bête, cédant facilement à des raccourcis idiots qui font mal. Ne réfléchissant pas plus loin que le bout de son nez. Le tout saupoudré d’une grande dose d’espoir. Les mentalités changent et elles continueront de changer. Il fût un temps où les femmes n’avaient pas le droit d’avoir un compte bancaire à leur nom, il sera un temps où quand deux hommes ou deux femmes se tenant par la main avec un enfant en poussette ne choqueront plus personne. Ce chemin est encore long, mais Marion Brunet et moi ne désespérons pas visiblement ^^

Ce livre dresse un portrait de notre société très réaliste. Montrant à quel point elle a du mal à se détacher des valeurs familiales qu’elle prône depuis si longtemps. Elle est aussi un message d’espoir, car bientôt les cerveaux étriqués changeront. C’est un livre à mettre entre toutes les mains des ados, afin de leur expliquer simplement qu’être différent ne veut pas dire être mauvais et que tout le monde peut cohabiter en bonne intelligence.

J’ai beaucoup aimé suivre Joachim pendant quelques mois de sa vie, et je remercie la collection Exprim’ pour cette lecture.

Le petit plus : ce roman est publié en partenariat avec l’association des parents et futurs parents gays et lesbiens dont vous pouvez trouver le site


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15/35

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

 Éditeur : Babel
Nombre de page : 609
Date de parution : 7 novembre 2012
Prix : 9,70€ 5+

9782330013073Résumé : Jackson, Mississippi, 1962. Dans quelques mois, Martin Luther King marchera sur Washington pour défendre les droits civiques. Mais dans le Sud, toutes les familles blanches ont encore une bonne noire, qui a le droit de s’occuper des enfants mais pas d’utiliser les toilettes de la maison. Quand deux domestiques, aidées par une journaliste, décident de raconter leur vie au service des Blancs dans un livre, elles ne se doutent pas que la petite histoire s’apprête à rejoindre la grande, et que leur vie ne sera plus jamais la même.

Mon avis : Je suis ressortie chamboulée de ce livre. Tout d’abord parce qu’il est bien écrit, et que se succèdent les scènes drôles, poignantes et horrifiantes. Mais surtout parce que je me suis posée des tas de questions tout le long de ma lecture et que je m’en pose encore.
Ça fait longtemps que je suis étonnée de cette façon de traiter les noirs dans les années 50/60 aux États Unis, qui se revendique pays de la liberté où tout est possible, alors qu’en France on ne le faisait pas. Sauf qu’on a fait d’autres choses dont on est pas fier et que c’est l’Europe qui a colonisé l’Amérique et qui a initié la traite des noirs et l’esclavage. J’ai donc essayé de lire ce livre avec un regard neutre et en essayant de ne pas trop juger mais de comprendre pourquoi la société était comme ça à l’époque. Mais ça n’a pas été facile de comprendre une société américaine des années 60 avec mon regard de femme française adulte au début du 21ème siècle. J’ai parfois été franchement atterrée limite horrifiée de voir certaines réactions, certaines habitudes, l’emploi de certain vocabulaire, mais c’était la réalité de cette époque là et des gens se sont battus pour que cela change. Bon, on ne vit pas encore dans un monde parfait où tout le monde est vraiment égaux (et j’ai pleinement conscience d’être du bon côté), mais on avance tous les jours un peu. Du moins c’est ce que j’aime penser.
J’ai beaucoup aimé ce livre, malgré le pavé de 600 pages, j’ai réussi à le lire assez vite, je me suis attachée aux personnages, aux bonnes principalement, à leur franchise, leur tendresse et leur vie pas toujours facile. Les patronnes c’est autre chose… J’avais envie d’en baffer certaines et d’en secouer d’autres face à leur bêtise ! Le Mississippi des années 60 est en décalage total avec les états du Nord, un peu vieillot et attaché à de très anciennes valeurs, limites archaïques, même pour cette époque là, et à côté de ça il utilise toute la modernité des années 60 du congélateur en passant par l’air conditionné… Un vrai « contraste » à lui seul !
L’histoire est bien construite, l’auteur change de ton et de façon d’écrire suivant les personnages, s’adaptant à leur éducation, ce qui facilite encore plus l’immersion dans le récit. C’est un superbe témoignage, sans chichi ni fioriture sur une période que j’ai apprécié découvrir. Je pense que l’auteur a essayé de rester neutre, même si elle est blanche et qu’elle a dû être fatalement influencée par son vécu, et qu’elle y est plutôt arrivée.
Avec ses personnages j’ai frémis, ris et pleuré, et je pense que je penserais encore à ce livre pendant quelques jours. D’ailleurs, je pense regarder rapidement le film qui en a été tiré.

Le petit plus : il existe une adaptation de ce livre en film, « La couleurs des sentiments » que vous pouvez trouver en DVD.

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