Over the rainbow – Constance Joly

♦Éditeur : J’ai lu
♦Nombre de pages : 183
♦Date de parution : 19 janvier 2022
♦Prix : 7,00€
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Résumé : Celle qui raconte cette histoire, c’est sa fille, Constance. Le père, c’est Jacques, jeune professeur d’italien passionné, qui aime l’opéra, la littérature et les antiquaires. Ce qu’il trouve en fuyant Nice en 1968 pour se mêler à l’effervescence parisienne, c’est la force d’être enfin lui-même, de se laisser aller à son désir pour les hommes. Il est parmi les premiers à mourir du sida au début des années 1990, elle est l’une des premières enfants à vivre en partie avec un couple d’hommes.
Over the Rainbow est le roman d’un amour lointain mais toujours fiévreux, l’amour d’une fille grandie qui saisit de quel bois elle est faite : du bois de la liberté, celui d’être soi contre vents et marées.

Mon avis : Il est des livres qui sont difficiles à définir. Celui-ci en fait partie. L’histoire est belle et simple. Elle est plutôt commune, une femme devenue adulte souhaite comprendre la vie de son père. Ce père qu’elle a aimé, qui est mort du sida et qu’elle n’est pas sûre d’avoir totalement connue.

J’ai d’abord eu du mal avec le style d’écriture que j’ai trouvé décousu. les 20 ou 30 premières pages, je me suis même demandée si j’allais réussir à le terminé. Puis, je me suis laissée emporter par les émotions transmises par l’histoire. On s’aperçoit alors, que si le récit parait confus c’est parce que les sentiments de l’autrice face à la découverte de la vie de son père le sont aussi. Elle nous transmet tout tel quel, comme elle le perçoit, comme elle le vit.
Elle garde quand même un peu de retenue sur les aspects plus intimes de la vie de son père et de sa mère. Elle s’attarde surtout sur ce que tout cela a eu comme impacte sur sa vie.
Dans les années 80 le sida est une maladie encore peu connue, honteuse, dont on ne parle pas, dont on a peur et il est très difficile de vivre avec au quotidien. Tout cela est expliqué à travers ses yeux d’enfant, d’adolescente et de jeune adulte.

C’est un court roman poignant qui fait réfléchir sur plein de chose. La relation enfant/parent, la maladie lourde et ses effets sur les familles…

Je remercie J’ai lu pour cette lecture.

 

Si la vie te donne des citrons, fais-en une tarte meringuée – Charlotte Léman

♦ Éditeur : L’archipel
♦ Nombre de pages :  300
♦ Date de parution : 20 mai 2021
♦ Prix : 18,00€
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Résumé : À 43 ans, Clémence est une femme heureuse. Et pas seulement parce que sa « bible » de développement personnel le dit. Non, elle s’est donné les moyens pour en arriver là, quitte à arrondir parfois les angles, comme avec Éric Grandjean, son boss despotique. Un peu trop, dirait Alice, sa meilleure amie.
Ce que Clémence chérit par dessus-tout, c’est la petite existence tranquille qu’elle s’est construite en dehors du bureau. Une chouette famille avec Antoine et Gabriel, leur fils de 17 ans, un appartement douillet en plein cœur de la capitale, et la pâtisserie, son péché mignon.
Mais, cette vie paisible bascule le jour où son mari lui annonce qu’il la quitte pour une jeune femme presque en âge d’être sa fille ! Et, comme les choses peuvent toujours être pires, son quotidien se transforme en cauchemar lorsque ce dernier lui impose une colocation aussi absurde que pénible.
Cependant, quand la vie nous donne des citrons, aussi acides soient-ils, on peut décider d’en faire de la limonade… ou de la tarte meringuée si on est passionnée de pâtisserie comme Clémence !

Mon avis : Encore un roman feelgood me direz-vous ? Oui, mais cette fois-ci l’héroïne à mon âge, et ce qu’il fallait pour m’intriguer.

Clémence mène une vie rangée qui lui plait, une jolie famille, un joli appartement, un métier qui lui pied. Mais un jour son mari lui annonce qu’il la quitte pour une autre, en plus jeune bien évidement. Comment réagir quand sa vie vole en éclats ?

Pour une fois que le personnage principal à mon âge et que, même si elle vit à Paris, ça vie est plutôt normal, ce roman m’a plu de suite. Bon, OK, ils ont toujours des situations professionnelles plutôt aisées mais cela fait rêver un peu plus qu’une situation « moyenne ».
D’ailleurs, l’histoire est somme toute banale. Un mari qui quitte sa femme pour une autre plus jeune, c’est quelque chose de commun. Ce qui l’est moins c’est la façon dont réagi Clémence. Bien sûr certains événements sont inévitables, mais dans l’ensemble Clémence gère à sa manière et elle est arrivée à vraiment m’étonner. C’est un peu comme un deuxième effet kiss cool (pour ceux qui ont la référence), il y a sa première réaction, celle qui est visible et qui occupe tout le roman et la deuxième qu’on ne soupçonne même pas et qui fait en entrée fracassante sur la fin du roman.
Malgré sa fragilité Clémence trouve les ressources pour rebondir et de se réapproprier sa vie.
C’est un roman léger, qui fait parfois sourire qui sert à se vider la tête.

La somme de nos vies – Sophie Astrabie

♦ Éditeur : J’ai lu
♦ Nombre de pages :  416
♦ Date de parution : 12 mai 2021
♦ Prix : 7,90€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Camille, jeune fleuriste qui rêve sa vie, visite des appartements qu’elle n’a aucune intention d’acheter. Marguerite, quatre-vingt-sept ans, met en vente son appartement qu’elle s’est pourtant juré de ne jamais quitter. Derrière leurs fenêtres qui se font face, dans cette rue parisienne, la vie de l’une n’apparaît à l’autre qu’en reflet. Les mensonges de Camille à son entourage et les secrets de Marguerite enfouis soigneusement depuis l’enfance se croisent et se répondent. Comment prendre sa vie à bras-le-corps quand on a décidé d’en vivre une autre ?

Mon avis : Une histoire légère qui redonne le sourire ? Banco ! C’est de dont j’avais pile poil besoin pour me changer les idées.

Camille est une fleuriste qui raconte à sa famille et son entourage qu’elle finit ses études d’avocate, Marguerite est une vieille femme qui a perdu sa meilleure amie et qui s’ennuie ferme. Quand un agent immobilier, qui répare les erreurs de son père, va mettre tout ce petit monde dans la même pièce, l’alchimie qui prend entre eux, n’est pas forcément celle qu’on croit…

Je me suis plongée dans se livre comme on savoure un chocolat chaud l’hiver bien au chaud chez soi ou comme on apprécie de déguster une glace au bord de la place. C’est une histoire légère qui redonne espoir et vide complètement la tête

De prime abord on a l’impression d’une histoire simple, fraîche, qu’on dévore page après page, chapitre après chapitre, suivant Camille, Marguerite et Guillaume qui se croisent et se découvrent. C’est l’histoire ordinaire de gens ordinaires. Cela pourrait être vous et mois. Mais on s’aperçoit ensuite qu’il y a bien plus que ça. Des sujets plus profonds sont abordés. Comme la solitude des personnes âgées, le poids des obligations familiale, le chemin que les parents choisissent pour vous, ou celui qu’ils vous imposent par les choix de vie qu’ils font.

De par sa couleur jaune et son contenu qui fait sourire et donne espoir, c’est le livre idéal en emporter dans sa valise pour le lire cette été, au frais, dans le jardin, au bord de la mer ou de la piscine !

Je remercie J’ai lu pour cette lecture

Femmes en colère – Mathieu Menegaux

♦ Éditeur : Grasset
♦ Nombre de pages :  56
♦ Date de parution : 3 mars 2021
♦ Prix : 18,00€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Cour d’Assises de Rennes, juin 2020, fin des débats (auxquels le lecteur n’a pas assisté) : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Qu’a-t-elle fait ? Doit-on se fier à ce que nous apprennent les délibérations à huit-clos, ou à ce que révèle le journal que rédige la prévenue qui attend le prononcé du jugement ? Accusée de s’être vengée de manière barbare de deux hommes ayant abusé d’elle dans des circonstances très particulières, Mathilde Collignon ne clame pas son innocence, mais réclame justice.
Son acte a été commenté dans le monde entier et son procès est au coeur de toutes les polémiques et de toutes les passions. Trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher. Doivent-ils faire preuve de clémence ou de sévérité ? Vont-ils privilégier la punition, au nom des principes, ou le pardon, au nom de l’humanité ? Avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ? Nous plongeons en apnée dans cette salle des délibérations d’un jury de cour d’assises.

Mon avis : La couverture est percutante, le titre m’interpelle, un petit quelque chose me dit, ce livre, tu devrais le lire. Le résumé me perturbe et finit de me décider.

Une femme est jugée pour un crime. Un crime qu’elle ne nie pas, mais qu’elle justifie disant que la justice ne l’aurait pas aidé. Quel doit donc être son châtiment ?

Ce livre a été un véritable uppercut pour moi. Il a trouvé une véritable résonance au plus profond de moi. Avec cette femme accusée, Mathilde, nous avons énormément de points commun. Cela aurait pu être moi. Cette femme violée et non crue par les hommes qui font la justice, j’aurai pu l’être aussi. Est-ce que j’aurais réagi de la même façon ? Je pense que toutes les femmes qui lisent ce livre, ou à qui il est arrivé la même chose, ce sont posées la question. La condition des femmes a peut-être évoluée mais il y a encore pas mal de boulot pour que nous soyons l’égales des hommes. Et ce livre met l’accent sur tout ce travail qu’il reste à faire.
Là où je suis étonnée c’est qu’un homme ait réussi à nous montrer toute cette sensibilité. À nous transmettre tout ce qu’une femme peut ressentir dans une telle situation. L’agression, la réaction, l’attitude au procès… Si je n’avais pas lu le nom de l’auteur sur la couverture, j’aurais pu croire qu’il a été écrit par une femme ! C’est d’ailleurs assez encourageant pour notre société. Si un homme est capable de cela, d’autres le sont aussi et notre combat aboutira un jour.
Ce que j’ai également apprécié c’est découvrir le déroulé d’un procès français. Nous connaissons tous les procès américains à force de les voir à la télévision, on ne peut zapper sans tomber sur une série policière américaine. Par contre, on connait moins notre justice française. Le procès est peu abordé, mais le délibéré est vu en profondeur et j’ai aimé découvrir cela. La loi française est très différente de la loi américaine.
Le sujet de l’émergence de l’influence des réseaux sociaux sur les délibérés est aussi abordé. Les procès s’invitent dans la rue, dans chaque foyer… pour le meilleur et pour le pire.
C’est un livre qui m’a marqué et qui m’est resté en tête pendant plusieurs jours, il me trotte d’ailleurs toujours en tête. Je pense que tout le monde doit le lire, quelque soit l’avis avec lequel on en ressorte. Il faut débattre et ouvrir les esprits.

Je remercie Grasset et Netgalley pour cette lecture.

Dear Evan Hansen – Val Emmich

♦ Éditeur : Bayard
♦ Nombre de pages :  423
♦ Date de parution : 3 Mars 2021
♦ Prix : 16,90€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Le lycée, de base, c’est l’angoisse. Et pour quelqu’un comme Evan, qui souffre d’anxiété sociale, c’est même carrément l’enfer. Sur les conseils de son psy, il s’écrit des lettres à lui-même. Mais lorsque Connor, la brute du lycée, lui en vole une, la vie d’Evan bascule. Car, quelques heures plus tard, Connor est retrouvé mort, avec la lettre sur lui.
Dès lors, tout le monde est persuadé qu’ils étaient meilleurs amis et Evan se retrouve au centre de l’attention du lycée… et de Zoé, la sœur de Connor, qu’il aime en secret. Pour la première fois, Evan se sent compris, apprécié, il se sent exister. Tout ce qu’il a à faire, c’est maintenir l’illusion.

Mon avis : La couverture est plutôt basique, voir neutre, mais c’est le résumé qui m’a donné envie de découvrir cette histoire.

Evan est un ado discret, limite très renfermé. Il essaye de lutter contre sa timidité et ses angoisses mais c’est un combat de chaque instant; Sa vie va pourtant changer. À cause d’une simple lettre qui n’aurait pas dû se trouver à cet endroit là.

Autant vous dire que je me suis totalement fourvoyer sur ce que j’espérais lire. Je pensais être sur une enquête pseudo policière quand je me suis retrouvé à lire un roman sur tout autre chose ! Même s’il y a bien un mort dans ce livre, ce n’est pas un meurtre mais un suicide qui est au cœur de l’histoire. Et surtout pourquoi un ado en arrive au suicide.
Nous avons deux façons d’aborder cela ici. Celle du « mort » et celle d’Evan. Ces deux garçons qui ne se connaissaient pas avaient finalement plus de points en communs qu’ils n’auraient pu le penser. Ce spleen, cette dépression qui pèsent une tonne sur leurs épaules et les peinent à avancer dans la vie, leur faisant ce demander chaque jour si cela vaut  la peine de continuer. Je pense que c’est quelque chose qui parlent à bons nombres d’entre-eux. C’est pour cela qu’il fallait que ce livre soit écrit, pour cela qu’il soit lu par beaucoup, pour se rendre compte que finalement ils ne sont pas seuls et qu’on peut les aider. Rien que pour ça ce roman est plus qu’utile.
Par contre, moi j’ai eu du mal. Pas parce que ce thème ne me touche pas, loin de là, moi aussi je me suis posé beaucoup de questions ado. Non, parce que j’ai eu du mal avec le personnage d’Evan. J’ai eu du mal à le comprendre et à le suivre dans tous ses mensonges. J’ai un peu de mal avec le mensonge…
Au delà de cela, c’est un très bon livre qu’il faut donner à lire aux ados qui en ont besoin voire même aux autres.

Je remercie Bayard pour cette lecture.

 

 

28/35