[Blog tour] Seanan McGuire

Comme cela m’arrive de temps en temps, je participe au blog tour concernant la nouvelle série de Seanan McGuire : Tango endiablé et son premier tome, Incryptid.


Je vous propose de découvrir un extrait de ce tome et également de participer à un concours pour remporter le roman.

Prologue

Seize ans auparavant, Oregon, dans un bunker à environ une heure de l’Est de Portland

Verity dansait en virevoltant autour du salon. À chaque fois qu’elle tentait une pirouette ou un saut maladroit, la horde de souris Aeslins perchées sur le dos du canapé l’acclamait en exultant de joie. Leurs applaudissements atteignaient des sommets les rares fois où elle parvenait à sauter et à retomber sur ses pieds sans accroc. Son frère leva les yeux de son livre et renifla avec mépris, avant de retourner à ses études. À neuf ans, Alexander se considérait au-dessus de ses jeunes sœurs qui avaient tendance à se comporter comme de parfaites idiotes à la moindre occasion. Evelyn Price, leur mère, observait le spectacle. Elle était appuyée contre l’arche, qui séparait le salon du couloir, et tenait sa petite dernière en équilibre contre sa hanche. Une main se posa sur son épaule. Elle soupira sans se retourner.

— Kevin, je ne sais pas comment on va faire pour qu’elle prenne ses études plus au sérieux.

— Elle a six ans. Je n’étais pas non plus très sérieux à son âge.

Evelyn se mit à rire.

— Je demande aux souris de confirmer ce que tu viens de dire, ou tu avoues tout de suite que tu mens ? Ça m’éviterait de te faire un sermon.

— Tout ce que je dis, c’est qu’elle s’y mettra si on lui laisse un peu de temps. Je te le promets, Evie. Elle changera d’avis.

Kevin Price se plaça à côté de sa femme. Antimony, du haut de ses trois ans, leva les bras vers lui. Il la prit et la cala contre son épaule. Elle gloussa.

— Qu’est-ce que Verity a décidé de ne pas faire aujourd’hui ?

— Le cache-cache, dit Evelyn.

   La plupart des enfants considéraient le cache-cache comme un jeu. Lorsque les enfants Price entraient à l’école primaire, ils étaient choqués et scandalisés par ce comportement étrange. Pour eux, ce jeu était une affaire sérieuse, centré sur la recherche d’embuscades probables, d’évasion et sur les stratégies à mettre en œuvre pour retrouver quelqu’un. Alex avait eu sa première commotion cérébrale lors d’une partie de cache-cache. Il avait cinq ans à l’époque. Kevin n’avait jamais vu son fils être aussi fier de lui que ce jour-là. Mais c’était vrai qu’après tout, les enfants Price n’allaient à l’école que pour être sociabilisés.

Le fait que Verity refuse ces sessions était inquiétant, surtout qu’elle avait toujours été meilleure que son frère, et que ça lui donnait en général une motivation supplémentaire pour « jouer » aussi souvent que possible.

— Que voulait-elle faire à la place ?

— Elle dit qu’elle veut danser, dit Evelyn, en regardant Verity tourbillonner dans la pièce comme un petit derviche tourneur blond. C’est tout. Juste danser.

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[Blog tour] Sierra Dean – Secret McQueen tome 3 : Sombre secret

Comme cela m’arrive de temps en temps, je participe cette fois encore à un blog tour pour la sortie du troisième tome de la série Secret McQueen : Sombre secret de Sierra Dean. J’avais d’ailleurs participé au blog tour concernant le premier tome l’année dernière, vous trouverez le lien ICI.

Pour vous permettre de la découvrir, je vous propose un extrait de ce troisième tome et vous trouvez un concours à la fin de cet article.

Quand j’entrai, j’ouvris la bouche pour parler, mais la surprise fut telle, que ma langue se colla à mon palais et refusa de former des mots. Une jeune femme se tenait derrière un grand bureau en bois et me tournait le dos. Elle venait de briser une vitrine qu’on avait montée contre un mur, entre deux étagères. Elle parcourait son contenu du regard, ignorant les éclats de verre qui lui entaillaient les mains. Si j’en croyais les jurons qu’elle laissait échapper, ce qu’elle cherchait ne se trouvait pas ici.

Elle ne ressemblait à aucun cambrioleur de ma connaissance. L’obscurité m’empêchait de distinguer les détails les plus subtils, mais je n’avais jamais vu une criminelle aussi banale qu’elle. Légèrement grassouillette, elle avait avec un carré très scolaire qui lui arrivait aux épaules et elle était habillée comme une étudiante d’université. J’aurais plutôt vu cette fille dans une salle de classe.

J’avais fait une entrée discrète ; mais, quand je m’approchai, mes bottes craquèrent en marchant sur les débris tombés du bureau et elle fit volte-face, des morceaux de roche dans la main.

Toutes mes remarques acerbes moururent dans ma gorge.

Ses yeux, que je n’aurais pas dû distinguer aussi bien dans le noir, luisaient chaque seconde davantage comme des charbons ardents, rouge orangé. Ses pupilles ne paraissaient pas normales non plus, mais j’étais tellement absorbée par ses iris brûlants que je ne pouvais plus penser à autre chose.

La fille gronda. Pendant toutes mes années à courir après des monstres, je n’avais jamais rien entendu de tel. Le grognement envoya un signal d’avertissement à mon estomac, mes tripes se contractèrent nerveusement. Mes mains ne bougèrent pas.

— Pose les pierres, lui ordonnai-je.

Quoi qu’elle cherche, j’étais certaine que je ne voulais pas qu’elle l’obtienne. Mais j’aurais dû être plus précise sur le « comment » poser les pierres, car elle les lança dans ma direction avec une force étonnante.

Je dus lever les mains, le pistolet et tout le reste, pour bloquer l’assaut, mais malgré cela, une des pierres me percuta le front, juste au-dessus du sourcil. L’incident ne dura que deux ou trois secondes, mais lorsque je relevai les yeux, elle s’était déjà mise en mouvement.

Elle se déplaça avec la rapidité inquiétante d’un être surnaturel. J’engageai une balle dans la chambre, et stabilisai le pistolet, essayant d’anticiper où elle allait se trouver pour que la balle puisse l’atteindre, puis je tirai. Son hurlement me montra que j’avais mis dans le mille. Quand elle s’immobilisa, il n’y avait plus qu’un mètre entre nous et elle pressait son épaule ensanglantée. Mais ce n’était pas sa blessure qui l’intéressait. Ses yeux rouges qui brillaient comme un feu déchaîné me fixaient avec une intention meurtrière.

La fille gronda de nouveau et trébucha en arrière.

— Je n’oublierai pas ce que tu viens de faire, me promit-elle avant de se jeter par la fenêtre.

Le verre et le cadre de la fenêtre explosèrent, la fille sembla bouger au ralenti, s’envolant dans le ciel sombre. Le vent froid s’engouffra par l’ouverture, et ramena mes boucles lâches contre mes joues pour ensuite les plaquer sur mes yeux comme un bandeau. Je les repoussai hors de mon champ de vision et me précipitai à la fenêtre. Tout en examinant le trou béant, je maintins mon arme en place : je devais me tenir prête.

Le sol était jonché de bris de verre, qui scintillaient dans l’atmosphère glacée de la nuit, mais il n’y avait aucun signe de la fille.

— Qu’est-ce que…

Le bruit de la vitre brisée avait à peine quitté mes oreilles que l’alarme du musée se déclencha.

J’espère que ça vous aura plu et que cela vous donnera envie d’en découvrir plus.
Voici le lien vers le concours où vous pouvez essayer de gagner un des 3 ebooks mis en jeu, bonne chance !

LIEN CONCOURS


Informations complémentaires :

Auteur : Sierra Dean
Série : Secret McQueen
Titre : Secret débarque
Éditeur : Éditions Alter Real
Format : Ebook
Prix : 5,99€
Acheter : Amazon

[Blog tour] Hailey Edwards – Comment sauver la peau d’un mort-vivant : Guide pour nécromancien en herbe tome

Résumé

ier Woolworth passe ses nuits à parcourir les rues du centre-ville de Savannah pour conter à des touristes des histoires d’âmes perdues et autres tragédies à vous glacer le sang. Exception faite de la crinoline et de l’ombrelle, ce n’est pas le pire des boulots. Et même si le salaire est merdique, les pourboires suffisent à payer les factures d’électricité de son propre manoir hanté, et à approvisionner les placards en Ramens. Pour une ex-assistante nécromancienne qui se cache parmi les humains, la vie est presque normale. Jusqu’au jour où la société qui a excommunié Grier lui offre une seconde chance d’être davantage qu’une fille ordinaire. Dommage qu’on n’ait pas jugé bon de la prévenir qu’être extraordinaire peut vous faire tuer. Avertissement : Ce livre raconte l’histoire d’une ex-tôlarde/ex-héritière, qui a une perruche zombie pour animal de compagnie et dont le voisin n’est autre qu’un ex-soldat/ex-béguin. Attention, tous ces ex pourraient bien en cacher d’autres.

Extrait

L’inconnu s’avança doucement dans la faible lueur de la lune, la peau dénuée de toute imperfection et le regard insondable. Sa présence me cloua au sol et, pour la deuxième fois de la soirée, je me sentis sondée par des yeux de prédateur, bien que ceux-ci ne possédaient pas l’attirance primitive de ceux de Volkov. Il s’agissait donc d’un vampire transformé.

— Pouvons-nous bavarder ?

— Il est tard, et je suis fatiguée.

Et j’avais judicieusement développé un certain instinct de survie.

— Il faudra reporter à une prochaine fois.

Bon point pour lui : il se décala pour me laisser accéder au porche.

— Je représente une personne désireuse de faire votre connaissance.

Un frisson de mauvais augure se propagea dans mes bras, et je raffermis ma prise sur le pieu.

— J’ai suffisamment d’amis, merci.

— N’êtes-vous pas curieuse de savoir pour quelle raison vous avez été libérée d’Atramentous ? s’enquit-il en s’approchant d’un pas nonchalant, sa démarche fluide. Seuls les pires criminels sont envoyés dans ce trou, et seulement au bout d’interminables délibérations. Vous n’étiez qu’une enfant lorsque les grilles se sont refermées derrière vous. Seize ans. La plus jeune détenue de sa longue et triste existence. Et, si l’on en croit la rumeur, vous n’avez même pas eu droit à un procès.

Ma bouche devint sèche. Arrête ça tout de suite. Arrête. Ça. Tout de suite.

— Vous êtes l’unique dérogation accordée par une Grande Dame, une grâce exceptionnelle. Pourquoi ? demanda-t-il en tapotant l’une des ailes de son nez. À votre place, une telle dette me rendrait nerveux.

Le sol se déroba sous mes pieds tandis que la bombe qu’il venait de lâcher explosait.

J’aurais dû mener mon enquête sur les raisons de ce petit miracle personnel bien avant, mais j’avais été si heureuse de recouvrir ma plaie d’un pansement et de faire semblant que les centaines de coupures ne me vidaient pas lentement de mon sang. Depuis que j’avais recouvré ma liberté, j’avais repris ma petite vie, une vie paisible, une vie sans danger. Il faut croire que le danger rôde toujours, pas vrai ?

La main qui m’avait guidée vers la lumière pouvait tout aussi bien me rejeter violemment dans l’obscurité.

La Grande Dame m’avait épargnée, et je lui en étais reconnaissante. Au lieu de ça, une chaleur fiévreuse fit frissonner mon corps tout entier.

— Je vais me coucher.

J’eus les chocottes en lui tournant le dos pour agripper la poignée de la porte d’entrée.

Je tenais toujours la sphère en laiton lorsque sa main se retrouva sur mon épaule dans un contact qui appelait mon attention. J’eus à peine le temps de comprendre le danger que cela représentait que Woolly lui envoya une décharge électrique à travers moi. Je fis volte-face alors que le vampire était éjecté du porche et rencontrait violemment la pelouse, avant d’atterrir parfaitement accroupi dans un réflexe félin.

— Bonne nuit, Grier, dit-il, un éclat de rire dans la voix, comme s’il avait trouvé la décharge amusante.

Je me glissai à l’intérieur de la maison et fermai à clé derrière moi.

J’avais vu deux vampires en une soirée. Quelles étaient les chances pour que cela relève de la coïncidence ?

Maigres, voire nulles. J’insiste sur le nulles.

En admettant qu’il ait raison au sujet de la grâce de la Grande Dame, qu’attendait-elle en retour ? Et surtout, étais-je en mesure de lui donner

Concours

Un concours commun avec tous les autres blog participants au blog tour est organisé. Vous aurez la chance de gagner un des  trois ebook mis en jeu. N’hésitez pas à participer !
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Blog tour – Secret McQueen tome 1 – Secret débarque de Sierra Dean

Je participe encore une fois à un blog tour afin de vous faire découvrir un roman US nouvellement traduit en français. C’est le premier roman d’une série d’urban fantasy qui a l’air de tenir ses promesses… Je vous laisse découvrir le premier chapitre ci-dessous :

Chapitre un

Dans les heures hostiles qui précédaient l’aube, une brume épaisse et humide s’était posée au-dessus des pelouses verdoyantes de Central Park. Une lune déclinante surplombait la ville tel le sourire énigmatique du chat du Cheshire. L’air printanier était assez froid pour qu’un souffle se transforme en un nuage éphémère. En suivant ces nuages avant qu’ils ne disparaissent, on pouvait retracer le parcours d’un promeneur dans la nuit noire, à travers le parc.

Le long de la célèbre Grande Pelouse, à l’intérieur de la forêt anguleuse, face à une rangée d’immeubles brillants, décor lumineux qui se détachait du paysage sombre, on pouvait voir ces nuages saccadés se déplacer précipitamment entre les branches déployées et encore dépourvues de feuilles. À quelques centimètres de ces traînées brumeuses, une jeune femme courait comme si sa vie en dépendait.

Je n’étais pas la femme en question, mais je courais aussi.

Comme une idiote, j’avais cru pouvoir faire une jolie ballade, tranquille dans Central Park, pour profiter du calme qui régnait avant l’aube, chose presque impossible dans une ville comme New York. D’habitude, les seuls moments de répit que je m’accordais étaient lorsque ma douche me fournissait un minimum de solitude. Et même dans ces moments-là, la tuyauterie de l’immeuble grinçait à chaque utilisation. La douche n’était silencieuse que lorsque l’eau était froide.

Cette nuit-là, j’avais voulu être seule dans la pénombre avant de glisser dans mon sommeil matinal habituel, mais c’était trop espérer dans une ville qui ne dormait jamais. Même si, pour moi, une nuit calme signifiait généralement me faire agresser par un sale type ou mener la vie dure à des drogués qui essayaient d’effrayer des lycéennes rebelles, j’aurais encore préféré ça à ce que j’étais obligée de faire en ce moment.

Malheureusement pour moi, et plus encore pour la fille après qui je courais, elle était poursuivie par une chose qui n’était ni amicale ni même humaine.

Elle aurait eu beau fuir à toute vitesse, les vagues de peur qui émanaient d’elle étaient si fortes que la créature qui la traquait aurait pu la retrouver n’importe où. La peur avait une odeur écœurante, pas vraiment sucrée, plutôt une odeur de vieux clou de girofle et de cuivre. Je le savais parce que je pouvais la sentir, moi aussi. Et cette odeur me provoquait des frissons qui se propageaient jusque dans ma colonne vertébrale. En moi, il y avait un prédateur qui comprenait ce que son agresseur ressentait en la traquant, une part primitive qui reconnaissait ce désir de fondre, victorieuse, sur une proie terrifiée.

Je pouvais le sentir, lui aussi, et je pouvais à présent déterminer avec certitude qu’il s’agissait d’un mâle. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était un homme, car il ne restait plus rien de ce qu’il avait été autrefois. Il avait l’apparence d’un être humain, mais sous ce costume de chair se trouvait quelque chose de monstrueux.

Je ne sentais que sa faim irrépressible. La fille n’avait pas eu le temps de s’inquiéter : une terreur foudroyante et sauvage l’avait submergée quand il l’avait prise en chasse brusquement. C’était sa peur soudaine qui m’avait attirée. J’étais là parce que la fille était très humaine et très vulnérable, et qu’il l’avait attaquée par surprise, ce qui était contraire aux règles.

Même si cette chose était sans l’ombre d’un doute morte, je savais que si je n’étais pas plus rapide que lui, la fille gonflerait bientôt leurs rangs. Et une fois qu’elle serait des leurs, cette infraction aux lois qui régissaient les vampires de ce monde deviendrait de toute façon mon affaire. Intervenir maintenant nous ferait donc gagner du temps, à moi et à quelques vampires bureaucrates.

Au point où j’en étais, je me serais dit n’importe quoi pour justifier cette poursuite.

La fille sortit de la forêt et piqua un sprint en boitant à travers la Grande Pelouse. C’est à ce moment-là que je me rendis compte que j’avais dépassé l’agresseur. Je continuai à les suivre à travers les bois, espérant que sa faim le distrairait assez pour qu’il ne s’aperçoive pas que je m’étais invitée à sa partie de chasse. L’odeur de sang dans l’air m’apprit qu’elle s’était blessée pendant sa fuite.

Elle clopinait à travers la pelouse, car elle avait cassé le talon d’un de ses escarpins et l’autre, attaché à sa cheville uniquement par la lanière, traînait derrière elle. Elle sanglotait, étouffait ses cris, et une part de moi se nourrissait de ces bruits avec un plaisir profond. Une faim animale me poussait à être la première à l’attraper, pour pouvoir la déchiqueter et la mettre en lambeaux.

Mais je ne pouvais pas. Je n’avais jamais tué un être humain, du moins pas un être humain au sang pur, et je n’allais pas commencer cette nuit-là. Je n’étais pas une machine à tuer comme lui. J’étais tout autre chose. Il était encore plus difficile de croire à l’existence d’un être tel que moi, que de croire à celle des vampires. Ma nature me permettait malgré tout de conserver assez d’illusions sur l’humanité pour considérer que tuer des gens, du moins des gens qui ne l’avaient pas mérité, était mal.

C’était maintenant ou jamais et je la suivis hors de la forêt, en accélérant. Sans essayer d’éviter les doigts habiles des branches rendus plus tranchants par les orages d’hiver, je fus violemment fouettée au visage, mais je continuai ma course. Je courus jusqu’à ce que chaque muscle de mon corps brûle et hurle de douleur, puis, je pressai davantage l’allure. Si j’avais été humaine, je me serais écroulée, j’aurais vomi sur l’herbe et je serais restée là, allongée pendant une heure, exténuée. Mais je n’étais pas humaine et j’étais capable de finir un marathon en conservant cette allure.

Il me fallut à peine une seconde pour la rattraper, une seconde qui me parut une éternité. Il était à découvert maintenant, il était à nos trousses. Je courus encore. Je continuai ma course jusqu’à arriver à sa hauteur et l’agrippai fermement par le bras pour l’entraîner derrière moi sans ralentir. Elle cria et essaya de se débattre, me prenant pour son véritable agresseur. Alors qu’elle enfonçait ses ongles dans ma peau avec une force surprenante pour une fille aussi menue, je réalisai qu’il n’y avait qu’un seul moyen de nous en sortir tout en la gardant en vie.

J’arrêtai de courir et la giflai violemment. Sidérée, elle ne prononça pas un mot, et on s’observa un moment.

Cette fille ressemblait beaucoup à ce que j’aurais été si j’avais eu une vie normale. Elle était mince et petite, avec des cheveux blonds. Mais, contrairement à moi, le bronzage de sa peau n’était pas naturel, elle le devait sûrement aux heures passées dans un cercueil de lumière ultra-violette. Elle portait également plus de maquillage que je n’aurais jamais pensé en posséder.

— Tu dois m’écouter attentivement maintenant. 

Il approchait, et vite. Je n’avais plus que quelques secondes devant moi.

— Je peux te sauver. Je peux te garder en vie. 

La terreur s’effaça de son visage et fut remplacée par une émotion plus terrifiante encore : l’espoir. Je lui en avais dit assez pour qu’elle comprenne que je voulais vraiment l’aider. Et tandis qu’elle commençait à intégrer ce que je lui disais, sa prise se resserra sur mon poignet. Elle me suppliait de ses yeux grand ouverts embués de larmes. L’espoir naïf que j’y lisais me noua les tripes. Garder en vie cette version mondaine et inadaptée de moi-même était devenu ma responsabilité.

— Mais j’ai besoin que tu restes à l’écart.

J’essayai de desserrer sa prise, elle ne se laissa pas faire. Je pouvais le voir à présent, une forme floue vibrante de rage et d’énergie qui fonçait droit sur nous.

—  Lâche-moi si tu veux vivre ! Lâche. Moi. 

Je l’écartais avec un peu trop de vigueur. Elle trébucha et s’effondra sur le sol, mais elle sembla au moins capter ce que je disais.

—  Maintenant, cours aussi vite que tu peux !

Elle recula en rampant et se releva. Après m’avoir lancé un dernier regard désespéré, elle se remit à courir, et j’eus tout juste le temps de me retourner avant d’être percutée violemment par un vampire qui me chargeait à pleine vitesse.

Informations complémentaires :
Auteur : Sierra Dean
Série : Secret McQueen
Titre : Secret débarque
Éditeur : Éditions Alter Real
Format : Ebook
Prix : 5,99€
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