Le secret de Mona – Patrick Bard

Éditeur : Syros
Nombre de pages :  288
Date de parution : 27 août 2020
Prix : 15,95€
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Résumé : Pendant des mois, Mona s’est efforcée d’être invisible aux yeux de tous, de s’effacer. Mais le jour où son petit frère a été pris d’une forte fièvre, elle a dû le conduire en urgence à l’hôpital. Sans cela, cette histoire aurait pu ne jamais commencer. Mona n’aurait pas grillé ce stop, les gendarmes ne l’auraient pas arrêtée. Quand ils ont découvert une fille un peu trop jeune au volant, ils ne savaient rien encore du secret de Mona.

Mon avis : J’ai découvert l’auteur avec POV qui m’avait laissé un avis mitigé. Le secret de Mona avait un résumé qui m’attirait, j’ai donc voulu découvrir plus cet auteur.

Mona s’occupe de son petit frère depuis que sa mère n’est plus là. Elle n’a qu’une peur c’est qu’on lui prenne parce qu’elle n’est pas majeure. Si seulement elle n’avait pas grillé ce STOP, tout aurait pu bien se passer.

Mona est une ado d’aujourd’hui, a une différence près, elle affronte des problèmes dont n’ont même idée ces ados. Elle connait déjà la gestion d’un budget et du quotidien, vouloir à tous prix finir le mois. Sans parler du fait qu’elle est dans les couches et les repas bébé jusqu’au coup.
J’ai beaucoup aimé Mona, son franc parlé, ses espoirs, sa façon de voir le monde, ses fantaisies… On sent autant de force que de faiblesse chez elle. Derrière la jeune fille qui se bat et est prête à tout, il reste la petite fille qui a encore besoin d’être prise dans les bras, rassurée et protégée.
L’auteur nous dresse un portrait d’une société qui ne sait pas protéger tous ses citoyens. Ou certains sont en marge et qu’elle n’arrive pas à prendre en charge. Parfois, notre société ne détecte même pas les « anomalies ». Comment certaines personnes luttent tous les jours pour garder la tête hors de l’eau, quand elles y arrivent, car beaucoup finissent à la rue. C’est un aspect de notre pays que nous aimerions oublier, mais il est bon de se rappeler que cela peut arriver à n’importe qui. Et il est bon également de ne pas oublier ces gens qui peinent à trouver du travail, à se sortir des difficultés dans lesquelles ils sont, à avancer malgré les addictions, et surtout à avancer sous le regard méprisant des autres.

C’est un excellent livre pour adolescent à mettre dans toutes les mains, pour se rappeler qu’on a de la chance, ou qu’on peut être aidé.

Je remercie Syros pour cette lecture.

4/35

 

Rose rage – Illana Cantin

Éditeur : Hachette
Nombre de pages :  288
Date de parution : 9 septembre 2020
Prix : 15,90€
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Résumé : — T’as entendu parler de cette fille qui a été renvoyée parce qu’elle avait tabassé un mec dans la file de la cantine ? Il lui avait touché les fesses…
— C’est pas juste. C’est pas elle qui devrait être renvoyée, c’est lui. Et si j’avais un moyen de faire éclater la vérité au grand jour ?
Pour Rachèle, à la tête du journal du lycée,
il est impossible de laisser passer une nouvelle injustice.
Ça fait trop longtemps que ça dure.
Que tout le monde ferme les yeux.
Elle décide donc d’appeler toutes les filles, toutes les femmes de l’établissement à faire grève.
Il est temps pour elles de se faire entendre.
Il faut que certaines choses changent enfin.

Mon avis : Dans la lignée des romans féministes, celui-ci aussi m’a fait de l’œil. Nos droits ont évolué, mais notre vie quotidienne n’est pas simple pour autant en tant que femme.

Rachèle est une fille de terminale, elle travaille au journal du lycée. Quand elle entend parler du renvoi d’une autre lycéenne qui ne faisait que se défendre face aux harcèlement de certains garçons, qui eux n’ont pas été punis, elle décide que cela ne peut pas se passer comme ça.

J’ai aimé ce roman parce que je l’ai trouvé utile. Oui, il raconte une histoire, mais je trouve que ce que j’en ai retenu d’important, c’est qu’il explique pourquoi, de nos jours, certaines femmes, pour ne pas dire TOUTES les femmes ont des raisons d’être féministes. Même si nous avons gagné pas mal de batailles, la victoire totale est encore loin d’être atteinte.
Cette histoire explique, avec des mots simples, pour les femmes se battent toujours, pourquoi certains hommes font pire que mieux en voulant aider, pourquoi d’autres hommes ne comprennent pas pourquoi nous nous battons toujours et pourquoi d’autres encore ne se rendent pas compte du mal qu’ils peuvent faire. Bon, n’oublions pas non plus, ceux qui ne comprennent rien et qui estiment que nous n’avons pas à nous plaindre.
Rachèle découvre le féminisme et ses nuances à travers le combat qu’elle mène maladroitement mais avec tout son cœur. Ce combat va la changer petit à petit, la faire grandir et surtout lui apprendre que rien n’est gagné, loin de là.
J’ai trouvé ce roman très instructif, en plus d’être distrayant, et je pense qu’il est à mettre dans toutes les mains des adolescents d’aujourd’hui, fille et garçon pour leur faire prendre conscience de la société dans laquelle nous vivons.

Je remercie Hachette romans pour cette lecture.

3/35

L’année de grâce – Kim Ligget

Éditeur : Casterman
Nombre de pages :  528
Date de parution : 7 octobre 2020
Prix : 19,90€
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Résumé : « Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit.
Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en
devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions réintégrer la communauté.
Pourtant, je ne me sens pas magique.
Ni puissante. »
Un an d’exil en forêt.
Un an d’épreuves.
On ne revient pas indemne de l’année de grâce.
Si on en revient.

Mon avis : Ce livre se définit comme féministe. Le résumé étant assez succin pour garder la découverte intacte, c’est cette auto-définition qui m’a donnée envie de l’ouvrir.

L’année de leur 16 ans. Les jeunes filles sont envoyées au milieu de la forêt pour que leur magie se révèle et qu’elles apprennent à la dompter avant de devenir des femmes parfaites. Mais que se passe-t-il exactement lors de cette année ? C’est ce que Thierney a toujours voulu savoir, et elle va le découvrir qu’elle le veuille ou non.

On ne referme pas ce livre comme on referme un roman qui raconte une « simple histoire ». On en ressort en partie révolté, en partie abasourdi, en partie en incompréhension complète… Quoi qu’on ressente en le lisant, il ne laisse pas indifférent.
Depuis toute petite, je suis très sensible aux injustices faites aux femmes sous seul prétexte qu’elles sont femmes. Ce livre a donc tout pour me révolter. La femme libre en moi était en colère contre ce que vivent les femmes du village. Mais j’ai tendance à oublier, comme pas mal d’entre nous, que cette « liberté » à laquelle nous goutons, nous n’en avons pas toujours bénéficié. Bref, les femmes du village doivent rester à leur place, baisser les yeux et être heureuses de la vie qu’on leur permet de vivre. De toute façon, elles n’ont pas d’autre choix, puisque c’est elles qui sont responsables de tout le mal de cette terre (en résumé). Thierney n’est pas comme toutes les autres femmes. Curieuse, elle a déjà tenté de savoir ce que lui réservait cette année de grâce, pour y être préparée et parce qu’elle lui fait peur.
C’est vraiment le vilain petit canard du village et on sent que c’est en partie sur elle que repose tous les futurs espoirs des femmes.
J’ai beaucoup aimé l’histoire, mais je me suis posée aussi plein de questions. Je ne vous dirais pas lesquels pour que vous ayez le plaisir de découvrir le roman, mais je pense qu’il mérite un préquel et une suite.
Il est très difficile de vous parler de ce roman en quelques paragraphes alors que j’ai plein de choses à en dire. Je peux juste ajouter que ce qui fait le plus peur c’est que, malgré les libertés que nous avons gagnées, nous les femmes européennes, nous ne sommes jamais à l’abri de les perdent…
Lisez ce roman et dites moi ce que vous en avez pensé.

Je remercie Casterman et Babelio pour cette lecture et pour le club de lecture auquel j’ai pu participer le 9 octobre.

2/35

Lire est dangereux (pour les préjugés) – Dave Connis

Éditeur : Milan
Nombre de pages :  298
Date de parution : 12 août 2020
Prix : 15,90€
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Résumé :  Quel est le point commun entre L’Attrape-cœurs et Hunger Games ? Ce sont des romans. Des romans interdits dans le lycée de Clara. Quand la jeune fille découvre que, depuis des années, des oeuvres y sont censurées sans que personne n’en sache rien, elle décide d’entrer en résistante. Son plan ? Monter une bibliothèque clandestine dans son casier. Et montrer qu’en aucun cas, les livres ne peuvent être dangereux.

Mon avis : Un livre qui parle d’une fille qui défend les livres ? Pour une fille qui aime les livres comme moi, c’était à ne pas manquer.

Clara apprend le jour de la rentré, que le comité de direction du lycée privé qu’elle fréquente, a censuré une liste de 50 livres. Sauf qu’elle ne va pas laisser passer ça !

Tout comme Clara ferme « Ne me marchez pas dessus » en prenant une claque, je n’ai pas fermée Lire est dangereux (pour les préjugés) en restant indemne.
La première chose notable pour moi, c’est que je me suis notée plein de classiques à lire. Dont l’attrape-cœurs que je me suis déjà acheté, il va falloir maintenant le casé dans mon « planning ».  Et il m’a aussi donné envie de relire des romans que j’avais déjà lu 🙂
La seconde c’est que j’ai adoré le personnage de Clara. Elle est comme je les aime, c’est-à-dire que même si elle a des certitudes, elle se remet en question et évolue tout le temps du livre. Elle est déjà l’ébauche d’une femme forte et on sent qu’elle fera de grandes choses.
L’histoire est pleine de bon sentiments et cela m’a fait beaucoup de bien ! Cela commence mal, mais les jeunes ne sont pas des moutons et ils n’ont pas l’intention de se laisser faire. En faisant leur révolution « locale », ils apprennent à se connaitre et à se comprendre. Ils vont au-delà des préjugés. Ce qui ne pensaient pas aimer lire, se découvre une passion. Ceux qui aiment lire deviennent plus indulgents avec ceux qui découvre la lecture…
Parfois tout cela est un peu trop guimauve, mais ça fait du bien de temps en temps. Mais surtout, ce qui fait vraiment du bien c’est de voir que les livres laissent des traces, qu’ils font réfléchir, que parfois même ils peuvent changer les choses. Et pour cela, il n’y a pas besoin d’obtenir de grands prix littéraires. Il faut juste que le livre trouve la bonne personne.

Je remercie Milan et Pages turners pour cette lecture.

38/50

 

Tout ce que je ne t’ai pas dit – Kylie Fornasier

Éditeur : Fleurus
Nombre de pages :  398
Date de parution : 9 février 2018
Prix : 16,90€
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Résumé : « Je déteste cette étiquette de Mutisme Sélectif : comme si je choisissais de ne pas parler, comme un enfant qui refuse de manger ses épinards ! J’ai utilisé tous les trèfles à quatre feuilles que j’ai trouvés depuis que j’ai dix ans pour faire ce vœu : réussir à parler quand je le veux. Je suis en train de me demander s’il y aura assez de trèfles sur terre. »
Après avoir perdu sa meilleure amie à cause de sa maladie, Piper Rhodes décide de changer de lycée, déterminée à ce que sa dernière année soit différente. Elle rencontre bientôt West, le joueur star de l’équipe de foot, le garçon dont tout le monde parle. Malgré la peur de Piper de perdre à nouveau un être cher et malgré tout ce qui les sépare, Piper se lie à West, sans que jamais elle ne réussisse à lui dire un seul mot.. Une histoire de confiance, d’amitié et d’amour, où se révèle le pouvoir des mots qu’on dit, et de ceux qu’on ne dit pas.

Mon avis :  Les livres ados oui, mais les livres ados qui en plus explique des choses, c’est encore mieux !

Pipier est atteinte de mutisme sélectif, et celui-ci fait de sa vie un enfer ! Elle ne peut pas parler quand elle en à envie et encore moins à qui elle veut. Elle change cette année d’établissement scolaire et elle a beaucoup d’espoir que tout cela change.

L’originalité de ce roman à mes yeux, c’est qu’il se déroule en Australie et j’ai lu très peu de livres se passant dans ce pays et j’ai adoré le découvrir : l’ambiance du bush et ses saisons inversées. Il m’a d’ailleurs fallu un temps de réflexion chaque fois qu’elle parlait du déroulé de son année scolaire.
Piper est un personnage très attachant. Moi qui suis pipelette j’ai partagé sa frustration à ne pas pouvoir dire ce qu’elle voulait, quand elle le voulait et à qui elle voulait. J’ai compris sa colère et compati à sa tristesse. Je ne connaissais pas ce syndrome, je l’ai découvert et j’en ai appris beaucoup. Elle a la chance d’être entourée par une famille aimante et encourageante, qui la soutient et l’accompagne dans ses choix.
L’histoire parle de compréhension et de tolérance, mais aussi de méchanceté gratuite à cause de la méconnaissance. Avec de la pédagogie on ne peut pas faire de miracle mais on peut quand même faire bouger les choses.
Ce roman est un joli message d’espoir et de tolérance qui ne tombe pas dans le « patho ». Le ton est juste et j’ai passé un très bon moment lecture avec ce livre et je le conseille vivement pour aider à comprendre la différence.

Je remercie Fleurus et Netgalley pour cette lecture.

37/50