[Zoom auteur #4] Charlotte Bousquet

J’ai découvert Charlotte Bousquet grâce à un partenariat sur un blog et au livre Llorona on the rock (cliquez pour lire l’avis), et depuis cette auteure m’intrigue. J’ai dernièrement lu les deux premiers tomes de la peau des rêves Nuit tatouée et Nuit brulée, et j’ai voulu en savoir plus. La dame étant sur facebook et ayant déjà échangé avec elle, je me suis permise de lui demander si je pouvais lui poser des questions, et j’ai eu la joie d’avoir une réponse positive.

Tout d’abord une petite biographie tirée de son SITE (n’hésitez pas à aller y jeter un œil)

« Philosophe de formation, passionnée par l’histoire, la mythologie et les contes, je suis l’auteure d’une vingtaine de romans, d’au moins autant de nouvelles et plus récemment, d’un abécédaire que je crois assez décapant. Je vis à Paris, avec l’illustrateur Fabien Fernandez et un grand chat blond vénitien chat. Quand je n’écris pas, ej fais du jeu de rôles (et j’en écris, aussi), je lis, je vais au théâtre… Enfin, peut-être parce que mon cheval est là-bas et que j’y ai été guide équestre, je considère le Maroc comme mon deuxième « chez moi ». »

Et voici les questions auxquelles Charlotte a eu la gentillesse de répondre :

Tu écris des romans pour adultes et pour ado. Pour quel public préfères-tu écrire ?
Je n’ai pas vraiment de préférence. Disons que lorsque j’écris pour « adultes » (mais je sais pertinemment que les deux publics se mélangent allègrement) je n’ai pas vraiment de limites ni de tabou dans ce qui est dit/ écrit. Quand j’écris à destinations d’adolescents, je manie l’art de l’ellipse… Exercices différents et tout aussi périlleux, mais je crois que les thèmes  restent les mêmes : quête d’identité, altérité, liberté, passions, etc.

Est-ce dur de te « censurer » dans ce cas là ? Ressens-tu de la frustration ?
En fait, pas tant que cela. Les sujets, les personnages appellent naturellement une manière d’aborder l’histoire différente de celle que je pourrai raconter pour un public adulte. Et quand je sors vraiment du cadre, mes éditeurs sont là pour me le rappeler. Par exemple, dans le thriller que je viens de terminer pour Rageot, par exemple, j’aborde plusieurs thèmes assez durs – la traite des femmes, en particulier – et ma première fin était vraiment trash. Ils m’ont demandé de la retravailler de manière à la rendre plus accessible à de jeunes lecteurs – et finalement, le texte gagne en qualité.
Et puis chaque roman, chaque récit est différent : par son sujet, par sa structure, par le style et la forme, par ce qu’il me demande de mettre de moi-même sur la table, d’une certaine façon. Je crois que ce sont ça, les véritables contraintes. Réussir à se mettre dans la peau (et la chair) du texte…

D’où tire-tu ton inspirations ? Quelles lecture, films… t’ont influencés ?
De tout, en fait. Une discussion entre amis, une pièce de théâtre, un conte, un roman, film, une période historique, un tableau, des morceaux de musique (classique, en général)… Plus récemment, pour Le Dernier ours (qui paraît bientôt chez Rageot) : la situation dramatique de l’arctique, un article du National géographic, une discussion avec Audrey Petit (Orbit france) sur les espèces menacées. Pour La peau des rêves, mes inspirations sont plus précises : il s’agissait, dès le départ, de puiser dans le théâtre (Cyrano, Œdipeet Othello) pour les deux premiers tomes, dans les contes et la mythologie (La petite sirène, jumeaux rivaux) pour les deux suivants… Je regarde également beaucoup de séries : cela apprend énormément de choses, je trouve sur la construction d’une intrigue, d’un scénario.

L’écriture d’un livre prend-t-elle du temps ? Certains romans ont-ils étaient plus long que d’autres à écrire ?
Du temps, oui… 6 à 10 heure par jour, en moyenne, pendant un à trois mois. Quatre lorsqu’il s’agit de romans plus importants. Et puis certains viennent plus rapidement que d’autres. Par exemple, peut-être parce qu’ils traitent de la perte d’identité et d’amour impossible, Les Chimères de l’aube et L’Aube des cendres sont plus longs, plus difficiles à écrire que Venenum, mon roman historique de cape et d’épées, qui est venu tout seul…

Dans quelles conditions aimes-tu écrire ?
En écoutant de la musique – j’adore le violoncelle de Sonia Wieder-Atherton, par exemple -, mon chat sur le bureau… Je me lève tôt, mais suis plus efficace l’après-midi et le soir.

Comment te vient l’idée d’un roman ? D’un personnage ?
Ça dépend beaucoup du roman et des personnages !  Il peut s’agir d’une discussion avec un éditeur ou des amis, d’un sujet qui me tient à cœur, de l’envie simplement de raconter une histoire. Par exemple, depuis deux ans, je travaille à un nouvel univers de fantasy – qui génère ses propres récits, ses propres problématiques. Les personnages, c’est un peu différent. Ils précèdent mes histoires, ils en sont le cœur, l’âme d’une certaine façon. Comme je suis rôliste, j’utilise parfois le jeu de rôles pour mieux les ressentir. Tous, même ceux dont je me sens le moins proches, me sont liés.

♦ De tous tes romans, as-tu un personnage préféré ?
Peut-être Jana, l’héroïne de Venenum, parce qu’elle est libre, et tournée vers la vie et Dionisia, pour sa complexité.
Mais dans l’ensemble, je crois que je les apprécie tous – je n’aurais pas pu écrire leur histoire, sans cela.

À l’inverse, as-tu détesté un personnage ? J’entends par là un méchant particulièrement détestable 😉
Dans mes romans ? Peut-être Alberto Tengelli, le père de Dionisia dans Matricia – et toute cette famille pourrie jusqu’à la moelle (à l’exception d’Alino qui est une victime et de Dionisia).

En tant que lectrice, qu’aimes-tu lire ? Quels sont tes auteurs préférés ?
Éclectiques et classiques à la fois. Tout – du moment que j’y trouve un « écho ». En ce moment, je rattrape mes retards en littérature anglo-saxonne et en jeunesse, je suis également férue de poésie, de théâtre, de… tout. Parmi mes auteurs préférés – Proust, Renée Vivien, Molière… mais aussi Guya Gavriel Kay, Mercedes lackey, Jenna Black… Et mes camarades de plume dont j’adore les univers – parmi eux, Fabien Clavel, Nicolas Cluzeau, Béatrice Egémar, Samantha Bailly, Carina Rozenfeld, etc. oui, c’est du copinage… Et alors ? ^^

Alors rien du tout, j’aime beaucoup de ces auteurs moi aussi. D’ailleurs, je fais ma tite curieuse… comment ça se passe entres auteurs français ? Y’a-t-il comme une sorte de guerre (je parle au figuré hien) ou au contraire plutôt une solidarité tirée des mêmes difficultés rencontrées à être édité ?
Il y aura toujours des rivalités, bien sûr, des gens qui se détestent, qui médisent. Mais valent-ils la peine d’en parler ? Je ne crois pas. Il y a surtout énormément de partages et de rencontres : un exemple, pour le PIC 2012, les auteurs de la sélection se sont fait un devoir (et un plaisir) de lire les romans de leurs « concurrents » : ainsi, j’ai découvert avec plaisir Le dernier Hiver de Jean-Luc Marcastel, Banquises de feu, de Guillaume Lebeau et Feydelins de Nadia Coste. Et de très belles rencontres, des amitiés qui se créent au fil d’un festival, d’un voyage en train, d’une table ronde… Et bien sûr, on se donne des contacts, on bêta-lit nos romans ; etc.

♦ Quels sont tes prochains projets ?
Terminer le cycle de la Peau des rêves, une trilogie fantastique pour Gulf stream éditeurs, un autre thriller pour Rageot…

Pour plus d’informations concernant les parutions et les séries de l’auteur vous pouvez vous rendre sur http://www.charlottebousquet.com

Je remercie beaucoup Charlotte qui m’a consacré du temps et m’a permis d’en apprendre un peu plus sur elle ^^.

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2 réflexions sur “[Zoom auteur #4] Charlotte Bousquet

  1. Acr0 dit :

    Hey super sympa ce petit zoom sur Charlotte Bousquet, merci 🙂
    Ma foi, j’ai hâte de lire la suite de la Peau des rêves mais j’espère bien aussi découvrir ses autres livres, au moins Arachnae et Cytheriae.

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