Femmes en colère – Mathieu Menegaux

♦ Éditeur : Grasset
♦ Nombre de pages :  56
♦ Date de parution : 3 mars 2021
♦ Prix : 18,00€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Cour d’Assises de Rennes, juin 2020, fin des débats (auxquels le lecteur n’a pas assisté) : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Qu’a-t-elle fait ? Doit-on se fier à ce que nous apprennent les délibérations à huit-clos, ou à ce que révèle le journal que rédige la prévenue qui attend le prononcé du jugement ? Accusée de s’être vengée de manière barbare de deux hommes ayant abusé d’elle dans des circonstances très particulières, Mathilde Collignon ne clame pas son innocence, mais réclame justice.
Son acte a été commenté dans le monde entier et son procès est au coeur de toutes les polémiques et de toutes les passions. Trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher. Doivent-ils faire preuve de clémence ou de sévérité ? Vont-ils privilégier la punition, au nom des principes, ou le pardon, au nom de l’humanité ? Avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ? Nous plongeons en apnée dans cette salle des délibérations d’un jury de cour d’assises.

Mon avis : La couverture est percutante, le titre m’interpelle, un petit quelque chose me dit, ce livre, tu devrais le lire. Le résumé me perturbe et finit de me décider.

Une femme est jugée pour un crime. Un crime qu’elle ne nie pas, mais qu’elle justifie disant que la justice ne l’aurait pas aidé. Quel doit donc être son châtiment ?

Ce livre a été un véritable uppercut pour moi. Il a trouvé une véritable résonance au plus profond de moi. Avec cette femme accusée, Mathilde, nous avons énormément de points commun. Cela aurait pu être moi. Cette femme violée et non crue par les hommes qui font la justice, j’aurai pu l’être aussi. Est-ce que j’aurais réagi de la même façon ? Je pense que toutes les femmes qui lisent ce livre, ou à qui il est arrivé la même chose, ce sont posées la question. La condition des femmes a peut-être évoluée mais il y a encore pas mal de boulot pour que nous soyons l’égales des hommes. Et ce livre met l’accent sur tout ce travail qu’il reste à faire.
Là où je suis étonnée c’est qu’un homme ait réussi à nous montrer toute cette sensibilité. À nous transmettre tout ce qu’une femme peut ressentir dans une telle situation. L’agression, la réaction, l’attitude au procès… Si je n’avais pas lu le nom de l’auteur sur la couverture, j’aurais pu croire qu’il a été écrit par une femme ! C’est d’ailleurs assez encourageant pour notre société. Si un homme est capable de cela, d’autres le sont aussi et notre combat aboutira un jour.
Ce que j’ai également apprécié c’est découvrir le déroulé d’un procès français. Nous connaissons tous les procès américains à force de les voir à la télévision, on ne peut zapper sans tomber sur une série policière américaine. Par contre, on connait moins notre justice française. Le procès est peu abordé, mais le délibéré est vu en profondeur et j’ai aimé découvrir cela. La loi française est très différente de la loi américaine.
Le sujet de l’émergence de l’influence des réseaux sociaux sur les délibérés est aussi abordé. Les procès s’invitent dans la rue, dans chaque foyer… pour le meilleur et pour le pire.
C’est un livre qui m’a marqué et qui m’est resté en tête pendant plusieurs jours, il me trotte d’ailleurs toujours en tête. Je pense que tout le monde doit le lire, quelque soit l’avis avec lequel on en ressorte. Il faut débattre et ouvrir les esprits.

Je remercie Grasset et Netgalley pour cette lecture.

Dear Evan Hansen – Val Emmich

♦ Éditeur : Bayard
♦ Nombre de pages :  423
♦ Date de parution : 3 Mars 2021
♦ Prix : 16,90€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Le lycée, de base, c’est l’angoisse. Et pour quelqu’un comme Evan, qui souffre d’anxiété sociale, c’est même carrément l’enfer. Sur les conseils de son psy, il s’écrit des lettres à lui-même. Mais lorsque Connor, la brute du lycée, lui en vole une, la vie d’Evan bascule. Car, quelques heures plus tard, Connor est retrouvé mort, avec la lettre sur lui.
Dès lors, tout le monde est persuadé qu’ils étaient meilleurs amis et Evan se retrouve au centre de l’attention du lycée… et de Zoé, la sœur de Connor, qu’il aime en secret. Pour la première fois, Evan se sent compris, apprécié, il se sent exister. Tout ce qu’il a à faire, c’est maintenir l’illusion.

Mon avis : La couverture est plutôt basique, voir neutre, mais c’est le résumé qui m’a donné envie de découvrir cette histoire.

Evan est un ado discret, limite très renfermé. Il essaye de lutter contre sa timidité et ses angoisses mais c’est un combat de chaque instant; Sa vie va pourtant changer. À cause d’une simple lettre qui n’aurait pas dû se trouver à cet endroit là.

Autant vous dire que je me suis totalement fourvoyer sur ce que j’espérais lire. Je pensais être sur une enquête pseudo policière quand je me suis retrouvé à lire un roman sur tout autre chose ! Même s’il y a bien un mort dans ce livre, ce n’est pas un meurtre mais un suicide qui est au cœur de l’histoire. Et surtout pourquoi un ado en arrive au suicide.
Nous avons deux façons d’aborder cela ici. Celle du « mort » et celle d’Evan. Ces deux garçons qui ne se connaissaient pas avaient finalement plus de points en communs qu’ils n’auraient pu le penser. Ce spleen, cette dépression qui pèsent une tonne sur leurs épaules et les peinent à avancer dans la vie, leur faisant ce demander chaque jour si cela vaut  la peine de continuer. Je pense que c’est quelque chose qui parlent à bons nombres d’entre-eux. C’est pour cela qu’il fallait que ce livre soit écrit, pour cela qu’il soit lu par beaucoup, pour se rendre compte que finalement ils ne sont pas seuls et qu’on peut les aider. Rien que pour ça ce roman est plus qu’utile.
Par contre, moi j’ai eu du mal. Pas parce que ce thème ne me touche pas, loin de là, moi aussi je me suis posé beaucoup de questions ado. Non, parce que j’ai eu du mal avec le personnage d’Evan. J’ai eu du mal à le comprendre et à le suivre dans tous ses mensonges. J’ai un peu de mal avec le mensonge…
Au delà de cela, c’est un très bon livre qu’il faut donner à lire aux ados qui en ont besoin voire même aux autres.

Je remercie Bayard pour cette lecture.

 

 

28/35

Toutes ces vies où nous nous sommes aimés – Cécile Colle

♦ Éditeur : Jouvence Roman
♦ Nombre de pages :  352
♦ Date de parution : 9 mars 2021
♦ Prix : 17,90€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Paris, 11 janvier 2019 : Valentine et Jean se sont donné rendez-vous. Ils ne se sont pas revus depuis neuf ans. Valentine a souhaité cette entrevue car le souvenir de cet amour-passion l’empêche d’être pleinement présente à sa nouvelle vie. Elle aimerait donc pouvoir «  »casser le mythe » ». Mais lorsque les anciens amants se retrouvent, la vérité les saisit : rien n’a changé, la distance et le temps n’ont rien effacé. Quelle est donc la nature de ce lien si spécial ? Que révèle-t-il de leur mission de vie ? Quel dernier choix vont-ils faire ? A travers dix destins croisés, de Paris à Venise, de la Rome Antique à San FranCisco, plongez dans la folle épopée de deux âmes qui tentent à chaque époque de s’aimer.

 

L’avis de Sofy : Dara, Emilia, Paola, Louise, Savannah, Valentine… et si elles n’étaient qu’une ? Tadeus, Caïs, Giovanni, Jules, Josh, Jean… et s’ils n’étaient qu’un ?
Du Royaume de la Source Originelle à Paris en passant par Rome, Venise et San Francisco; de 528 avant Jésus Christ à 2007, nous suivons ici le parcours de deux âmes qui se perdent et se retrouvent inlassablement. Le masculin sacré et le féminin sacré à la recherche de l’amour parfait. Combien de fois, les yeux verts de Valentine ont-ils déjà rencontré le regard noir de Jean ? Dara et Tadeus vivent une succession d’incarnations pour avoir le temps de travailler les obstacles qui les empêchent de s’aimer pleinement. Faiblesse, désir, peurs, impatience, passion incontrôlée, égoïsme, fierté, aveuglement,manque de foi, sentiment de rejet, soumission de l’autre, manque de persévérance…. Autant de parts d’ombre à travailler et pas trop de cinq vies pour y parvenir.Valentine et Jean seront-ils la dernière étape de ces amants éternels ? L’escale qui accueillera leur ultime union ?
Passionnée par les histoires de couples sacrés, j’ai trouvé mon bonheur dans ce roman.Convaincue que notre corps n’est qu’un passage pour notre âme. Convaincue également que nous ne croisons personne par hasard et que tout a un sens, un but bien précis, une leçon à tirer. Suivre le parcours de ces deux âmes destinées à des retrouvailles sans fin jusqu’au moment parfait pour leur réunion, ce moment où elles pourront de nouveau ne faire qu’un, a été pour moi un véritable instant de détente et d’apaisement au milieu des tumultes du quotidien. J’ai lu avec l’impatience de découvrir ce destin hors norme. Le sujet est abordé avec légèreté. Certains découvriront un concept qui leur est peut-être inconnu,celui des âmes sœurs. D’autres s’y retrouveront certainement. Ces protagonistes si attachants nous font percevoir les multiples facettes de l’amour et les parts d’ombre que chacun a à travailler. Les réincarnations offrent la chance de pouvoir obtenir une version sans cesse meilleure de nous même. Une lecture fluide qui aiguisera certainement la curiosité d’un grand nombre car qui n’a pas versé une larme par amour au moins une fois dans sa vie ? Ce livre restera à coup sûr de ceux trônant dans ma bibliothèque dans l’attente d’une deuxième voir une troisième lecture.

Nous remercions Jouvence roman pour cette lecture.

Missouri 1627 – Jenni Hendriks et Ted Caplan

♦ Éditeur : Bayard
♦ Nombre de pages :  361
♦ Date de parution : 24 février 2021
♦ Prix : 15,90€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Veronica est une ado de 17 ans à qui tout réussit. Jolie fille populaire et major de sa promotion, elle vient d’être admise dans la prestigieuse université de Brown. Ses parents sont très fiers de sa réussite. Et effectivement, sa vie semble toute tracée ! Pourtant le jour où Veronica découvre qu’elle est enceinte : son monde s’écroule. Ses chances d’intégrer l’une des meilleures écoles sont menacées.
Son petit ami est un loser et elle n’est pas prête à être mère. Mais Veronica vit dans le Missouri, un état où l’accord parental est indispensable pour qu’une mineure puisse avorter. Et elle sait qu’elle ne pourra jamais compter sur le soutien de ses parents. Sa seule solution : se rendre dans une clinique au Nouveau-Mexique, à près de 1 500 kilomètres de chez elle. Désespérée, elle se tourne vers son ex-meilleure amie, Bailey, punkette affranchie, pour effectuer les 14 heures de route qui les séparent de la clinique.

Mon avis : Il est des thèmes qui sont difficiles à aborder. Celui de l’avortement en fait partie. Les auteurs ont décidé ici de le faire d’une manière légère et j’étais curieuse de lire ce que cela donnerait.

Veronica est la première de la classe, voire la première de sa promotion, son destin est tout tracé. Sauf qu’un jour elle apprend qu’elle est enceinte et que ce bébé risque de tout mettre par terre. Elle décide de ne pas le garder et c’est la que le road trip commence !

Je peux vous dire que le côté léger se perçoit très bien ! Veronica et Bailey ont l’art et la manière de finir dans des situations plus que cocasses ! Elles ont un don pour ça. C’est presque inné.
Pas une seule fois je ne me suis sentie mal à l’aise avec le sujet abordé. L’avortement n’est pas au milieu d’un débat mais plutôt exposé comme un fait. Certaines femmes avortent, quelle qu’en soit la raison, et d’autres pensent que l’avortement est un crime. C’est un fait, cela existe, la situation en est là et elle est clairement exposé dans le livre. Pas une seule fois la décision prise par Veronica n’est critiquée. Elle est toujours présentée avec bienveillance par les auteurs.
J’ai apprécié voir Veronica et Bailey se sortir de toutes les situations, mais je ne m’attendais pas à ça. Je pensais qu’il y aurait plus de passage sur l’avortement en lui-même, sur ce qui même à avorter, sur les autres possibilités… Cela m’a un peu manqué. Le mérite du livre est de dédramatiser l’avortement, mais en aucun cas il n’aidera une ado ou une jeune adulte à prendre une décision si elle se trouve dans la même situation. Je pense que ce n’était pas le but des auteurs mais il faut le souligner. C’est plus une histoire où l’avortement est un élément qu’une véritable histoire sur l’avortement.
Bref ! C’est une lecture sympathique qui m’a pris deux jours et que je vous recommande pour passer un bon moment, sans prise de tête sur un sujet délicat.

Je remercie Bayard et pages tuner pour cette lecture.

20/35

Les 5 parfums de notre histoire – Laure Margeran

Éditeur : J’ai lu
Nombre de pages :  317
Date de parution : 11 novembre 2020
Prix : 19,90€
Acheter : Amazon

Résumé : Il y a cinq ans, Charlotte est devenue anosmique après avoir perdu Nathan, son bébé de huit mois. Le couple qu’elle formait avec Julien n’a pas résisté, et elle n’a plus le goût de rien. Sa souffrance, seule sa meilleure amie, Axelle, la comprend. Quand Pierre-Emmanuel Franc, célèbre écrivain, la contacte, elle refuse tout échange avec ce type imbu de lui?même et ivre de sa propre notoriété. Coach littéraire réputée, Charlotte est pourtant la seule capable d’aider PEF dans son nouveau projet : un roman pour reconquérir la femme de sa vie, une œuvre insolite qui sera accompagnée de marque-pages parfumés, aux fragrances élaborées par Gabriella, un talentueux nez grassois. Embarquée contre son gré dans cette aventure olfactive, Charlotte parviendra-t-elle à se réconcilier avec son passé ?

Mon avis : Ce livre m’a intrigué dès que j’ai lu son résumé. D’abord par l’histoire mais aussi et surtout par l’ajout de ce marque page parfumé qui diffuse des parfums en lien avec l’histoire. C’est une première dans l’édition et je ne voulais pas la rater.

Après avoir perdu son fils il y a 5 ans, Charlotte a perdu l’odorat et donc le goût. Puis un grand auteur la contact pour un projet fou. Projet qui pourrait lui faire sortir la tête de l’eau, s’il n’impliquait pas de foutu marque-pages parfumés !

Je suis plutôt fière de moi : j’ai réussi à attendre d’être au bon moment dans le livre pour découvrir les odeurs et parfums. Mais comme j’ai lu le livre en une soirée, j’ai parfois eu l’impression de sentir plusieurs fois le même. Alors qu’ils sont bien différents. C’est peut être parce que certains ont une senteur en commun. J’ai tout de même réussi à trouver ma préférée, et je vous en parlerai si vous le souhaitez en commentaire ^^. Ça c’était plutôt cool. Si ce n’est que je ne m’attendais pas à ce style de senteur… Mais là c’est à la libre appréciation de chacun.
Quant à l’histoire… Elle est pas mal, mais pas pas vraiment originale. Les blessures enfouies, ou pas, contre lesquelles chacun lutte est un thème plutôt récurent. La résilience également. Réussir à s’en sortir grâce à la persévérance de l’entourage idem. L
es personnages auraient pu enrichir tout cela, mais ils n’ont réussi qu’à m’indifférer au mieux, à m’agacer au pire. Aucun atome crochu avec Charlotte, trop larmoyante, Gabriella, trop imbue d’elle-même ou PEF, l’auteur beau gosse descendu à coup de pied de son pied destale. Peut-être plus avec Axelle, mais elle a un caractère plus facile et plus positifs qui me parle en ce moment.
Le vrai point positif de ce roman et l’originalité de son marque-page parfumé associé à des moment de l’histoire. Mais cela n’aura pas suffit à me faire aimer le livre. Dommage.

Je remercie J’ai lu pour cette lecture.