Poing levé – Yaël Hassan

♦ Éditeur : Le Muscadier
♦ Nombre de pages :  167
♦ Date de parution : 4 février  2021
♦ Prix : 15,50€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Junior est un collégien en classe de 4e. Leur professeur de lettres leur demande de faire la biographie documentée d’une personnalité qui a tenté de changer le monde. A la lumière des violences policières, de la mort de George Floyd et des nombreuses manifestations antiracistes à travers le monde, le jeune homme choisit de raconter la vie de Tommie Smith, athlète afro-américain qui s’était distingué par son « poing levé » aux Jeux Olympiques de 1968.
Ce roman s’inscrit dans la période très particulière du confinement et des différents évènements qui ont marqué cette époque, des cours virtuels, de l’éloignement du collège et des copains-copines, et de la découverte des voisins et des voisines… et peut-être même de l’amour.

Mon avis : Les éditions Le muscadier présente des collections engagées. Dans la collection Rester vivant, j’ai eu envie de découvrir Poing levé de Yaël Hassan, autrice jeunesse prolifique, que je n’ai pas encore eu le plaisir de lire.

Pendant le premier confinement Junior doit réaliser un exposé pour le cours de français. Il doit écrire sur une personne qui à changer le monde. Il choisi Tommie Smith, athlète américain qui s’est fait remarqué aux JO de Mexico de 1968. À côté de ça, il vit le confinement et est suspendu à l’écran pour suivre les événements aux États-Unis.

Derrière sa légèreté, ce livre parle de sujets graves et malheureusement courants. La différence, le racisme, l’islamisme radical montant, les préjugés qui ont la peau dure…
Yaël Hassan à voulu expliquer aux enfants, à travers les histoires de Tommie Smith et Junior, comment est vécue la différence de couleur de peau sur différentes époques et dans deux pays : la France et les États-Unis. Avec des mots simples et des situations de tous les jours elle explique très bien comment les préjugés ont la vie dure. Comment la vie est différente suivant l’endroit où vous grandissez, et ça peut se jouer à une rue près. Comment une vie normale peut basculer suite au changement d’un seul membre de la famille. Comment grandir dans une famille qui prône le dialogue t l’échange peut tout changer. Comment la diversité est une richesse, tout comme l’amitié.
J’ai aussi aimé apprendre l’histoire de Tommie Smith. La photo qu’on trouve à la fin du livre me disait quelque chose, mais je n’en avais pas perçu toute la portée. Surtout à l’époque dans une Amérique à peine sortant du ségrégationnisme. Parfois on ne perçoit pas l’importance des petites choses. Pourtant, une fois faites, elles grandissent et avec le temps donnent les fruits qui peuvent faire changer le monde.
C’est un livre très bien écrit, actuel, qui permettra aux enfants et aux ados de peut-être un peu mieux comprendre notre monde complexe et parfois cruel.

Je remercie le Muscadier pour cette lecture.

24/35

Les sœurs Carmines tome 1 – Le complot des corbeaux – Ariel Holzl

♦ Éditeur : Le livre de poche jeunesse
♦ Nombre de pages :  160
♦ Date de parution : 20 janvier 2021
♦ Prix : 6,90€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses sœurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.
Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…

Mon avis : J’ai rencontré Ariel au Salon du livre de Montreuil en 2019, sans avoir eu la chance de le lire. Voilà la (grossière) erreur réparée.

Tristabelle, Merryvère et Dolorine sont orphelines et se débrouillent plus ou moins bien pour survivre à Grisaille. Jusqu’au jour au Merryvère se lance dans le mauvais cambriolage.

Je n’ai lu et entendu que des bons avis sur ce livre et maintenant que je l’ai lu je ne peux que les confirmer.
J’ai adoré évoluer dans le monde imaginé Par Ariel Holzl. Je l’ai trouvé original et il m’a tout bonnement sortie de mon quotidien. Je me pose encore quelques questions sur cet univers, mais je n’ai lu que le premier tome, je suis certaine que j’aurais mes réponses, ou du moins une partie, dans les prochains tomes. C’est un monde tout en nuance de gris ou règne le chacun pour soi et ou on en rechigne pas à commettre une mettre pour servir ses intérêts. Bref, la ville de Grisaille est très dangereuse.
C’est d’ailleurs étonnant d’y voir évoluer les 3 sœurs Carmines, à peine adulte, face à autant de dangers. Elles s’en sortent plutôt pas mal, avec beaucoup d’audace et un peu de chance. Leur trio fonctionne plutôt bien, même si, personnellement, j’aurai des remords à laisser la petite Dolorine toute seule aussi souvent.
L’intrigue est bien menée. Elle s’emboite bien dans les manigances des 8 maisons qui constituent Grisaille, et on se doute très bien que ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Il semblerait que la qualité première à avoir pour vivre à Grisaille c’est d’être méchant. Mais il semblerait également que cela cache autre chose que nous découvrirons dans les deux tomes suivants, que j’ai hâte de découvrir !

Je remercie le livre de poche jeunesse pour cette lecture.

 

23/35

Sur le fil – Au secours nous sommes borderline ! Christine Deroin

♦ Éditeur : Le muscadier
♦ Nombre de pages :  96
♦ Date de parution : 14 janvier 2021
♦ Prix : 12,50€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Julien et Aude ne font que se croiser chez la psy, mais ils ont un secret : une cachette où chacun·e dépose une lettre pour l’autre, avant ou après sa séance hebdomadaire.
C’est Aude qui a lancé le jeu. Jeu de confidences à l’inconnu·e d’une salle d’attente. Jeu de miroirs dans lequel ils deviennent le reflet l’un de l’autre. Borderline ensemble mais chacun·e seul·e dans son monde.

Mon avis : Je ne connais les éditions le muscadier que depuis peu. Et leur façon d’aborder certains sujets à éveiller ma curiosité.

Julien consulte un psy depuis peu. Depuis que ces parents en ont eu marre de ses frasques. Il y croise à chaque fois Aude, commence alors un échange de lettres entre eux, qui peut-être les aidera à aller mieux.

J’ai commencé ce livre sans aucun apriori, juste pleine de curiosité. Aborder le sujets des troubles mentaux n’est déjà pas aisé pour des adultes et donc encore moins pour des ados. Mais ce petit livre est très bien fait.
Déjà parce qu’il alterne les chapitre qui raconte l’échange entre Aude et Julien, et ceux qui parlent du trouble. Tout y es abordé de façon claire et simple. Il n’est pas question de poser un diagnostique à quelqu’un mais d’expliquer les symptômes, les causes et les soins disponibles. Et cela sans vous abreuver de mots trop compliqués, ou alors ils sont expliqués.
L’histoire entre Julien et Aude est elle aussi très simple. Mais on en sent toute la sincérité. C’est tout ce qu’il fallait pour permettre d’exposer ce trouble et rendre sa compréhension accessible à tous.
Les éditions le muscadier proposent d’autres petits livres dans cette collection qui chacun expose un trouble ou une maladie mentale. Une façon pour les ados de peut-être mettre un mot sur leurs maux et aux parents de comprendre enfin le comportement de leur enfant en détresse. Véritablement à mettre entre toutes les mains.

Je remercie les éditions le Muscadier pour cette lecture.

22/35

 

La ferme des animaux – George Orwell

♦ Éditeur : Le livre de poche jeunesse
♦ Nombre de pages :  144
♦ Date de parution : 6 janvier 2021
♦ Prix : 4,50€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Un beau jour, dans une ferme anglaise, les animaux décident de prendre le contrôle et chassent leur propriétaire. Les cochons dirigent la ferme comme une mini société et bientôt des lois sont établies proscrivant de près ou de loin tout ce qui pourrait ressembler ou faire agir les animaux comme des humains. De fil en aiguille, ce microcosme évolue jusqu’à ce qu’on puisse lire parmi les commandements :  » Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres.  »
Le parallèle avec l’URSS est inévitable quand on lit cette fable animalière. À travers cette société, c’est une véritable critique du totalitarisme d’état que développe Orwell.

Mon avis : Je voulais découvrir George Orwell depuis quelques temps. Bon d’accord je pensais plutôt à 1984, mais la ferme des animaux c’est bien aussi.

Et si les animaux se rebellaient et prenaient le pouvoir dans la ferme ? C’est ce que font ceux du livre de George Orwell et ça donne un résultat décapant !

Ce livre parait dans la collection le livre de poche jeunesse mais c’est un classique de la littérature moderne. Il n’est d’ailleurs pas réservé aux enfants, loin de là. Je dirais même qu’il faut avoir un certain âge et une connaissance en histoire contemporaine pour en saisir toute la subtilité. À travers une ferme et ses animaux l’auteur nous expose comment s’est déroulé la mise en place du communisme en URSS. Comment en partant d’une idée qui prône l’égalité et le bien être pour tous, une petite partie de la population s’enrichit au détriment de la majorité. Le mécanisme est clairement expliqué. C’est certes plutôt simpliste mais cela permet de comprendre grossièrement l’histoire de cette période. J’ai vraiment aimé avoir le point de vue de George Orwell sur cette période qui l’a vécue. On sent d’ailleurs parfaitement l’aigreur que tout cela lui a laissé. Il est clairement amère de voir cette idée qui était idéale pour lui au départ, fini en eau de boudin pour ne servir qu’une infime partie.
C’est un roman à mettre entre toutes les mains pour les gens qui veulent une analyse simple mais pertinente de cette période de la mise en place du communisme au début du 20ème siècle.

Je remercie Le livre de poche jeunesse pour cette lecture.

21/35

Missouri 1627 – Jenni Hendriks et Ted Caplan

♦ Éditeur : Bayard
♦ Nombre de pages :  361
♦ Date de parution : 24 février 2021
♦ Prix : 15,90€
♦ Acheter : Amazon

Résumé : Veronica est une ado de 17 ans à qui tout réussit. Jolie fille populaire et major de sa promotion, elle vient d’être admise dans la prestigieuse université de Brown. Ses parents sont très fiers de sa réussite. Et effectivement, sa vie semble toute tracée ! Pourtant le jour où Veronica découvre qu’elle est enceinte : son monde s’écroule. Ses chances d’intégrer l’une des meilleures écoles sont menacées.
Son petit ami est un loser et elle n’est pas prête à être mère. Mais Veronica vit dans le Missouri, un état où l’accord parental est indispensable pour qu’une mineure puisse avorter. Et elle sait qu’elle ne pourra jamais compter sur le soutien de ses parents. Sa seule solution : se rendre dans une clinique au Nouveau-Mexique, à près de 1 500 kilomètres de chez elle. Désespérée, elle se tourne vers son ex-meilleure amie, Bailey, punkette affranchie, pour effectuer les 14 heures de route qui les séparent de la clinique.

Mon avis : Il est des thèmes qui sont difficiles à aborder. Celui de l’avortement en fait partie. Les auteurs ont décidé ici de le faire d’une manière légère et j’étais curieuse de lire ce que cela donnerait.

Veronica est la première de la classe, voire la première de sa promotion, son destin est tout tracé. Sauf qu’un jour elle apprend qu’elle est enceinte et que ce bébé risque de tout mettre par terre. Elle décide de ne pas le garder et c’est la que le road trip commence !

Je peux vous dire que le côté léger se perçoit très bien ! Veronica et Bailey ont l’art et la manière de finir dans des situations plus que cocasses ! Elles ont un don pour ça. C’est presque inné.
Pas une seule fois je ne me suis sentie mal à l’aise avec le sujet abordé. L’avortement n’est pas au milieu d’un débat mais plutôt exposé comme un fait. Certaines femmes avortent, quelle qu’en soit la raison, et d’autres pensent que l’avortement est un crime. C’est un fait, cela existe, la situation en est là et elle est clairement exposé dans le livre. Pas une seule fois la décision prise par Veronica n’est critiquée. Elle est toujours présentée avec bienveillance par les auteurs.
J’ai apprécié voir Veronica et Bailey se sortir de toutes les situations, mais je ne m’attendais pas à ça. Je pensais qu’il y aurait plus de passage sur l’avortement en lui-même, sur ce qui même à avorter, sur les autres possibilités… Cela m’a un peu manqué. Le mérite du livre est de dédramatiser l’avortement, mais en aucun cas il n’aidera une ado ou une jeune adulte à prendre une décision si elle se trouve dans la même situation. Je pense que ce n’était pas le but des auteurs mais il faut le souligner. C’est plus une histoire où l’avortement est un élément qu’une véritable histoire sur l’avortement.
Bref ! C’est une lecture sympathique qui m’a pris deux jours et que je vous recommande pour passer un bon moment, sans prise de tête sur un sujet délicat.

Je remercie Bayard et pages tuner pour cette lecture.

20/35