Zombi – Joyce Carol Oates

 Éditeur : Stock / La cosmopolite
Nombre de page : 209
Date de parution : 4 mai 2011
Prix : 18,80€ 3

41G9f+edCiLRésumé : Il pose bien un peu problème à son professeur de père, et à sa mère – qui l’adore – mais ni l’un ni l’autre ne croient une seconde à l’accusation d’agression sexuelle sur un mineur dont il est l’objet.
Il est un cas pour le psychiatre-expert auprès des tribunaux chargé de le suivre, qui se sent néanmoins encouragé par la nature toujours plus positive de ses rêves et sa franchise à en discuter.
Il est le plus exquis et le plus attentif des garçons pour sa riche grand-mère de moins en moins capable de lui refuser quoi que ce soit.
Il est le plus vrai et le plus abominablement terrifiant des tueurs-psychopathes jamais imaginés dans un roman dont on se demande par instants comment l’auteur a pu trouver les mots pour l’écrire.
Joyce Carol Oates nous offre encore une fois avec Zombi la preuve de son immense talent. En donnant la voix à une âme des plus noires, elle plonge dans l’ignominie, et le lecteur avec elle de pénétrer l’innommable.

Mon avis : Ne vous fiez pas à la couverture rose bonbon de ce livre. Il est franchement dérangeant. Une immersion dans la tête d’un tueur que notre esprit cartésien a parfois bien du mal à suivre.

Quentin, ou Q… P… comme il aime se nommer lui même, tient une sorte de journal (du moins c’est comme ça je l’ai pris) ou il nous conte son histoire. Son histoire de tueur psychopathe. Avec ce livre c’est une immersion dans la tête d’un tueur qui vous attend. Et je pense qu’on n’y est pas vraiment préparé. En même temps, c’est pas plus mal…

J’ai eu du mal avec les premières pages du livre. Rassurez-vous, ce n’est pas gore dès le début, mais le style est assez particulier. Le narrateur est un tueur psychopathe d’une bonne trentaine d’années, très choyé par ses parents, et ce narrateur écrit comme il parle. Le style est limite dactylographie et c’est assez déstabilisant au début. Une fois passé cette petite acclimatation on est vite pris par le style vif et les événements qui s’enchainent rapidement.
J’ai déjà lu beaucoup de thriller et mes préférés restent ceux avec des tueurs en série. J’ai aussi l’habitude que le narrateur soit le tueur, même si ce point de vu est plus rarement abordé dans ce genre de littérature. Mais ici Joyce Carol Oates nous livre le tout « brut de décoffrage ». Quentin veut un zombi dont il fera sa chose et rien ne peut le dévier de son but. Il nous expose scientifiquement ses recherches, ses conclusions, ses tests, la collecte des objets dont il a besoin sans montrer la moindre émotion. Les seules émotions qu’il ressent sont la peur de se faire prendre (et encore) mais surtout l’envie d’obtenir son zombi. Il est effarent de voir à quel point il est dépourvu de remords, à quel point il est dépourvu des émotions qui nous sont communes. Il n’a aucune limite. Sa vie est entièrement dédiée à son but et à ne pas se faire prendre. D’ailleurs à lire ce livre on ne peut que se poser la question de savoir quel nombre de tueurs (en série ou non) trainent encore dans la nature sans avoir été pris.
Les policiers m’avaient habituée à penser que le crime parfait n’existe pas. Et moi, pour me rassurer, j’y croyais. Mais finalement, je n’en suis plus si sure. Regardez toujours au dessus de votre épaule lorsque vous vous déplacer la nuit. Et méfiez-vous toujours de ce voisin serviable mais plutôt distant…

Le petit plus : retrouvez sur le blog l’avis sur , Délicieuses pourritures un autre roman de cette auteure.


Cliquez si vous souhaitez acheter.

Délicieuses pourritures – Joyce Carol Oates

 Éditeur : J’ai lu
Nombre de page : 125
Date de parution : 22 octobre 2005
Prix : 4,00€ 230176_192996894079760_100001083537703_495596_7874030_s

delicieuses-pourritures-photo-copie-1Résumé :  » Des larmes me piquaient les yeux. Pas les larmes provoquées par le coup de téléphone de ma mère, la veille, mais les larmes de bonheur de mon rêve. Car la voix de mon professeur Andre Harrow était la voix même de mon rêve, sans aucun doute possible. Tu seras aimée, Gillian. Je prendrai soin de toi.  »
Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow. Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires… un drame se noue. En son centre, l’épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur.

Un récit haletant, un roman dense et pervers par l’un des plus grands auteurs américains de ce siècle.
Mon avis :Offert par Marly qui avait vu dans ma wish que j’étais tentée par un autre des romans de cet auteur. C’est donc un premier contact avec Joyce Carol Oates et j’en ressors assez dubitative…
Gillian est étudiante dans une université du Massachusetts. Elle est amoureuse de son professeur de littérature. De mystérieux incendies sévissent sur le campus. Certaines des amies de Gillian arrêtent leur études en cours d’année sans donner de véritables raisons… Tout cela se mêle pour donner une fin plutôt dérangeante.
J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre, peut-être parce qu’habituellement je suis plus accès sur les lectures de l’imaginaire ou parce que l’auteure parle de périodes très différentes sur de très courts chapitres et que j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver.
Le livre est court, donc l’auteure va directement à l’essentiel, et c’est ce que j’ai aimé. On n’est pas étouffés sous des descriptions dithyrambiques. L’auteure dresse un portrait au vitriol de la société bien pensante américaine des années
1970. Cette partie de la société qu’on connait peu, car peu affiché dans les médias. Les américains sont assez puritains et ce roman en montre une autre facette. Celle qu’ils n’avouent pas, leur côté caché. Celui présent dans toute société, moderne ou non.

Gillian, le personnage principal, est très fragile. Elle est à l’âge où l’on recherche la reconnaissance des « adultes établis » et cherche encore à établir son identité. Paradoxalement à cause de cette envie de s’affirmer, elle va se retrouver dépendante dans la relation qu’elle entretient avec son professeur de littérature et la femme de ce dernier.
Peu à peu, tous les éléments qui n’ont l’air au départ d’avoir aucun lien, dont certains sont à peine évoqué pour être de suite oublié par le lecteur trouvent leur sens, et Gillian réussira à s’affranchir. Et là, je me pose la question : à quel prix ? En même temps, je pense que j’aurais fait pareil…
Ça vous intrigue ? Lisez le livre 😉


Cliquez si vous souhaitez acheter.