Ce que Muti a dans le collimateur #80

Alors ? Quels sont pour le mois de juin les livres qui vont remplir mon panier d’acheteuse compulsive ? 😀

Ce mois-ci, il n’y aura que des nouveautés :

Peppo de Séverine Vidal (Bayard le 6) Résumé : Salut mon frère
Je pars à La Jonquera.
Occupe-toi des petits.
Je reviendrai.
Elle a déconné, Frida.
J’ai déjà du mal à m’en sortir quand j’ai que moi à gérer, alors je comprends pas comment elle a pu croire une seconde que je pourrais faire ça. Tout seul.
Je sais même pas comment on chauffe un biberon.
Mettre une couche dans le bon sens.
D’ailleurs tout le monde le dit toujours, et Tonton Max en tête : Pëppo t’as pas de bon sens.
Je suis coincé.
Pëppo, mon gars, t’es coincé. Gravement.
Et tout ce que tu vas faire, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au retour de Frida, tu le feras deux mômes sur les bras.
Ou dessous.
Je sais même pas comment ça se porte des bébés.

Souvenirs effacés d’Arno Srtobel (L’Archipel le 6) Résumé : L’enlèvement de son fils… Sa fuite nocturne a travers le parc… Le coup sur la tête… A son réveil d’un coma de deux mois, Sibylle a l’impression de se souvenir de tout. Elle a 34 ans, vit avec son mari dans une ville voisine. Étrangement, le médecin a son chevet lui assure qu’elle n’a jamais eu d’enfant. Sibylle décide alors de fuir l’hôpital en pleine nuit pour rentrer chez elle.
Une automobiliste stoppe et la raccompagne jusqu’à son domicile. Mais, lorsque son mari ouvre la porte, il ne la reconnaît pas, malgré les détails intimes qu’elle lui livre.
A qui Sibylle peut-elle faire encore confiance ? Et qui est-elle vraiment ?
Avec Souvenirs effacés, le thriller qui l’a propulse au premier rang des maîtres allemands du suspense, Arno Strobel signe un roman qui vous fera douter de tout, jusqu’au bout.

Awake de Natasha Preston (Hachette le 6) Résumé : Noah, c’est le nouveau du lycée. Il est beau, calme, mystérieux. Et il n’a d’yeux que pour Scarlett, chargée de l’aider à prendre ses marques au lycée. Très rapidement, elle tombe sous son charme. Et pourtant, la voix qui sommeille en elle lui crie de se méfier. Noah, si parfait, lui cache quelque chose, elle en est persuadée.
Au même moment, Scarlett, qui ne se souvient de rien du tout concernant son enfance, commence à se remémorer des fragments d’un passé qui la terrorise. Un passé que ses parents lui ont caché… et un secret qui pourrait la tuer.
Entre mensonges et manipulations, à qui peut-elle faire confiance ?

L’étoile rebelle de Cathy Cassidy (Nathan le 7) Résumé : A 14 ans, Mouse vit dans un quartier pauvre où il aime taguer les murs la nuit. Alors qu’il se rend à un rendez-vous avec Dave, son assistant social, il rencontre la jolie Cat, rebelle et mystique, dont il ne peut s’empêcher de tomber amoureux. Ensemble, il recueillent un chien abandonné qu’ils prénomment Lucky. Mais lorsqu’ils comprennent que Lucky appartient à l’un des dealers du quartier, les ennuis arrivent, et avec eux, Mouse découvre que Cat dissimule un secret…

Shâhra de Charlotte Bousquet (Mnémos le 7) Résumé :  Djiane, héritière d’un art mortel et secret, est donnée contre son gré à un seigneur tyrannique. Arkhane, apprentie chamane, est privée en une nuit de son identité et de ses dons. Abandonnée dans un reg aride, elle ne doit sa survie qu’à la protection d’un étrange vautour. Seule rescapée de l’attaque d’une gigantesque créature des sables, Tiyyi, une jeune esclave tente d’échapper à la fournaise de Tessûa. Recueillie par des nomades, elle découvre peu à peu ses pouvoirs.
Et dans l’ombre, un immortel en quête d’humanité, un djinn prisonnier d’un corps vieillissant, prêt à tout pour devenir un dieu…
Dans ce monde désertique, peuplé de mages et de pillards, de conteurs, de guerriers et de djinns, Charlotte Bousquet nous conte le destin passionnant et mouvementé de trois femmes marquées du sceau d’Azr’Khila, déesse de la vie et de la mort.

Voyage interdit de Tara Jones (Hugo poche le 7) Résumé : Stella est une lycéenne fraîchement débarquée de Miami après l’accident de voiture qui a coûté la vie à sa meilleure amie, Ever.
Après un séjour en hôpital psychiatrique, elle tente de passer inaperçue en intégrant l’Exel Academy de Boston. Elle n’aspire qu’à une chose : qu’on la laisse tranquille… elle, et ses remords. C’est sans compter sur sa particularité, un don qu’elle a hérité lors de l’accident, qui lui fera rencontrer Sebastian… de façon fort peu conventionnelle. Un don qui s’avère être à la fois son plus grand bonheur et son secret le plus lourd.
Une relation naissante entre deux mondes, qu’il faut protéger pour lui permettre d’éclore dans le monde réel.
Stella va pouvoir vérifier si l’amour a des frontières.

Toi plus que tout de Mia Sheridan (Hugo roman le 7) Résumé : Pourra-t-il lui donner la force de se reconstruire ?
Crystal a souvent perdu ceux qu’elle aimait et n’a jamais pu compter sur personne. En grandissant, elle s’est forgé une carapace de défiance et elle a appris à ne plus croire en rien.
Lorsque Gabriel Dalton vient la voir dans le club de strip-tease où elle danse, elle croit qu’il est un homme comme elle en a croisé beaucoup. Il lui fait une proposition déconcertante qu’elle refuse aussitôt ; elle est déterminée à ne plus se laisser abuser par les hommes.
Gabriel a traversé une épreuve terrible, mais il a appris à se reconstruire morceau par morceau, à goûter tout ce que la vie peut lui offrir, à aimer son existence pourtant si tourmentée. Il a tout de suite remarqué Crystal, sa fragilité et sa méfiance. Lui qui garde de son passé une grande difficulté à vivre avec les autres, pourrait bien se rapprocher de Crystal. Si elle le lui permet et si elle commence à s’aimer elle-même.

Fierté tome 1, En mâle de toi de Sarina Bowen et Elle Kennedy (J’ai lu le 13) Résumé : Entre hommes aussi, la limite entre amitié et attirance peut être troublante…
Jamie n’a jamais compris pourquoi Wes, son meilleur pote, a cessé de donner signe de vie l’année de leurs dix-sept ans, après cette soirée à deux un peu limite, certes, mais trop arrosée pour être prise au sérieux… Cinq ans plus tard, leurs chemins se croisent de nouveau à l’occasion d’une compétition de hockey. Jamie reproche à Wes son long silence. Wes explique alors qu’il est gay. Un aveu qui risque bien de faire vaciller leur lutte sur la glace et, surtout, leurs existences…

Le chat-bouloule et Le petit grumeau illustré de Nathalie Jomard (J’ai lu le 20).

La planète des 7 dormants de Gaêl Aymon (Nathan le 20) Résumé : Pour réparer leur vaisseau endommagé, des explorateurs spatiaux atterrissent en catastrophe sur une planète inconnue. La découverte de ruines d’une civilisation disparue ravive l’espoir de la capitaine : cette
nouvelle planète pourrait-elle être habitable ? Mais une partie de l’équipage est prête à tout pour repartir au plus vite, malgré l’état du vaisseau…
La rencontre soudaine avec un peuple primitif qui les prend pour des dieux, les Sept Dormants, les place devant un choix crucial : jouer les usurpateurs ou détromper ceux qui les accueillent ?

Clean de Juno Dawson (Hachette le 20) Résumé : «  Visage écrasé contre le cuir. Odeur de voiture neuve.
Je ne peux pas bouger. J’ai été kidnappée. Je ne peux pas bouger.
J’ouvre les yeux. Ça fait mal. Mais j’aperçois mon frère, Nikolai.
―  Nik  ?
―  Tout va bien, Lexi, je vais te trouver de l’aide.
Oh, putain, cette fois, il l’a fait. Il a décidé de me sauver.  »
Voilà comment je me suis retrouvée coincée au Clarity Centre, un hôtel de luxe pour les accros en tout genre. Pour moi, c’est un peu Alcatraz avec un spa.
Chacun son poison. Pour Ruby, c’est la bouffe. Pour Kendall, c’est l’excès inverse. Pour Saif, c’est la drogue (aucune originalité), comme moi. Et Brady… Brady, le beau gosse de service, c’est un grand mystère.
Bref, on forme une belle bande de déglingués. Et la nouvelle venue, Sasha, semble encore plus tarée que les autres. La grande question  : sommes-nous prêts à être clean  ?

Sweet home tome 1 de Tillie Cole (Milady poche le 20) Résumé : « C’est le destin qui nous a réunis… On est les amants maudits, comme Roméo et Juliette, mais contrairement à eux, on a toute la vie pour se découvrir. Je te promets que je ferai tout pour qu’on vive heureux jusqu’à la fin des temps… »
Molly, brillante étudiante d’Oxford, a appris à ses dépens que ceux qu’on aime finissent toujours par nous quitter. Elle n’a plus grand-chose à espérer de sa vie en Angleterre quand elle s’envole pour l’Alabama. Le dépaysement est total, et c’est une nouvelle vie qui s’offre à elle. Tout est si différent ici – plus lumineux, plus vivant. L’étudiante découvre la passion des Américains pour le football et succombe au charme de Roméo, quarterback au corps d’Apollon, mascotte de l’université. Cette rencontre inattendue entre deux êtres que tout oppose va changer sa vie à jamais. Mais ces Roméo et Juliette des temps modernes parviendront-ils à surmonter les obstacles qui se dressent devant eux ?

 

Un escargot tout chaud – Isabelle Mergault

♦ Éditeur : J’ai lu
♦ Nombre de pages : 153
♦ Date de parution : 2 mai 2018
♦ Prix : 7,20€
♦ Acheter : Amazon ou Bookwitty

Résumé : « La caisse, ou je te bute !
— Eh bien, butez, Monsieur. »
Ce jour-là, le braqueur aurait mieux fait de pousser la porte d’une autre bijouterie. Menaces, ultimatum ou revolver sur la tempe, aucune des six personnes qui se trouvent dans la bijouterie de Rose ne semble impressionnée. Amour, famille, enfants, ils ont tout raté. Alors vous pensez, un braquage !…
Une fantaisie navigant entre l’émotion et le rire où les Marx Brothers auraient croisé Woody Allen.

Mon avis : Je connais Isabelle Mergault depuis l’époque où j’écoutais Laurent Ruquier sur Europe 1. Depuis, j’ai déjà vu une de ses pièces de théâtre mais je n’avais encore jamais lu un de ses romans, voici que c’est chose faite !

Un braqueur qui débarque dans une bijouterie où tous les otages n’ont plus envie de vivre et où chacun est prêt à mourir plutôt que de donner la combinaison du coffre et nous voilà dans un sacré bordel !

Mon avis sera aussi court que ce roman qui, en poche ne fait que 150 pages. Mais il n’a pas besoin de plus ! Cela suffit pour redonner du pep’s !
Ce roman est construit comme une pièce de théâtre, il y a autant de rebondissements et de « coup de théâtre », c’est le cas de le dire, que dans le meilleur des veaux de ville ! Même si tout est rocambolesque dans cette histoire, cela fait du bien au moral ! Les dialogues décalés sont un véritables régals et ma lecture a été ponctué de grand éclats de rire qui fond du bien au moral ! Tous les personnages sont de véritables caricatures mais ils sont aussi tous très attachants.
A côté de ça, est abordé un sujet plus profond celui du temps qui passe et des dégâts qu’il peut faire sur l’amour qui unit un couple.
J’ai vraiment passé un très bon moment avec se court roman qui est un véritable remède à la morosité.

Je remercie J’ai lu pour cette lecture.

Le chant clair des sirènes – René Pagis

♦ Éditeur : MarivolE
♦ Nombre de pages : 248
♦ Date de parution : 3 mai 2018
♦ Prix : 19,00€
♦ Acheter : Amazon ou Bookwitty

Résumé : La descente aux enfers d’un innocent que tout accuse Jacques a toujours dit qu’un jour il partirait « Tout droit devant » conscient qu’il ne le ferait jamais. Pourtant, un jour, différent des autres, incapable de supporter plus longtemps une vie conjugale impossible, il part sous la pluie en direction du sud. À bout de force, il se réfugie dans une grande maison, chez Mathilde, une dame mystérieuse qui l’envoute et le prive progressivement de toutes ses défenses… Un homme, malade, dont il a remarqué la présence est finalement étouffé dans son lit. Jacques, inconscient, se réveille dans une chambre auprès de Mathilde sans le moindre souvenir. Elle l’accuse du meurtre de son mari. « Il a basculé dans un autre monde délicatement irréel, abandonnant toute forme de raison, aujourd’hui, il en est convaincu, il a cédé sans pouvoir résister à une tentation fatale… » A-t-il été victime du seul pouvoir de séduction de Mathilde à la manière du chant clair des sirènes attirant les marins ou d’une substance discrètement administrée par son hôtesse ? Jacques reprend sa fuite mais tombe rapidement dans les mailles de la Justice et comme si cela ne suffisait pas, il apprend qu’il est atteint d’une maladie grave qui risque de l’emporter très vite… Laquelle de ces deux fatalités l’emportera ? Et si en attendant il réapprenait à vivre et à aimer ?

Mon avis : Je ne connaissais ni la maison d’édition ni l’auteur, mais le résumé à réussi à me convaincre de lire ce policier. Et ça tombe plutôt bien parce qu’en ce moment, je suis assez friande de policier.

Un matin, lassé de sa vie de retraité et conjugale, Jacques décide de quitter le domicile conjugal. Il monte dans sa voiture et roule droit devant. Il atterri dans une maison d’hôte où l’hôtesse est plus que mystérieuse et cette rencontre va changer sa vie.

Ce roman commence tranquillement. On fait connaissance avec Jacques, son quotidien et son passé. C’est un homme tranquille, à la retraite, le vrai portrait du français moyen. Là où Jacques va se différencier c’est lorsqu’il décide un matin de quitter le domicile conjugal, lassé d’une énième réprimande de sa femme. La maison d’hôte où il atterri a tout d’abord l’air calme, mais elle va être le début de sa descente aux enfers.
L’idée de départ est bonne, c’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à lire ce roman policier, mais je trouve qu’il se passe trop de choses trop vite, et que le tout n’est pas assez développé. Ce Jacques cumule la malchance. Lui qui avait une vie anodine, bascule alors dans l’accumulation de calamités. Il sympathise rapidement avec des gens dont on sait peu de chose, j’aurais aimé en apprendre plus sur ces nouvelles rencontre qui ponctuent sa « route ».
La fin est logique, même si je ne m’y attendais pas du tout. Mais elle est vraiment en accord avec toute la vie de ce pauvre Jacques, qui donne surtout l’impression d’être passé totalement à côté de sa vie.
C’est un roman qui a du potentiel mais qui malheureusement n’a pas réussi à me séduire.

Je remercie MarivolE pour la lecture de ce livre.

 

Blog tour – Secret McQueen tome 1 – Secret débarque de Sierra Dean

Je participe encore une fois à un blog tour afin de vous faire découvrir un roman US nouvellement traduit en français. C’est le premier roman d’une série d’urban fantasy qui a l’air de tenir ses promesses… Je vous laisse découvrir le premier chapitre ci-dessous :

Chapitre un

Dans les heures hostiles qui précédaient l’aube, une brume épaisse et humide s’était posée au-dessus des pelouses verdoyantes de Central Park. Une lune déclinante surplombait la ville tel le sourire énigmatique du chat du Cheshire. L’air printanier était assez froid pour qu’un souffle se transforme en un nuage éphémère. En suivant ces nuages avant qu’ils ne disparaissent, on pouvait retracer le parcours d’un promeneur dans la nuit noire, à travers le parc.

Le long de la célèbre Grande Pelouse, à l’intérieur de la forêt anguleuse, face à une rangée d’immeubles brillants, décor lumineux qui se détachait du paysage sombre, on pouvait voir ces nuages saccadés se déplacer précipitamment entre les branches déployées et encore dépourvues de feuilles. À quelques centimètres de ces traînées brumeuses, une jeune femme courait comme si sa vie en dépendait.

Je n’étais pas la femme en question, mais je courais aussi.

Comme une idiote, j’avais cru pouvoir faire une jolie ballade, tranquille dans Central Park, pour profiter du calme qui régnait avant l’aube, chose presque impossible dans une ville comme New York. D’habitude, les seuls moments de répit que je m’accordais étaient lorsque ma douche me fournissait un minimum de solitude. Et même dans ces moments-là, la tuyauterie de l’immeuble grinçait à chaque utilisation. La douche n’était silencieuse que lorsque l’eau était froide.

Cette nuit-là, j’avais voulu être seule dans la pénombre avant de glisser dans mon sommeil matinal habituel, mais c’était trop espérer dans une ville qui ne dormait jamais. Même si, pour moi, une nuit calme signifiait généralement me faire agresser par un sale type ou mener la vie dure à des drogués qui essayaient d’effrayer des lycéennes rebelles, j’aurais encore préféré ça à ce que j’étais obligée de faire en ce moment.

Malheureusement pour moi, et plus encore pour la fille après qui je courais, elle était poursuivie par une chose qui n’était ni amicale ni même humaine.

Elle aurait eu beau fuir à toute vitesse, les vagues de peur qui émanaient d’elle étaient si fortes que la créature qui la traquait aurait pu la retrouver n’importe où. La peur avait une odeur écœurante, pas vraiment sucrée, plutôt une odeur de vieux clou de girofle et de cuivre. Je le savais parce que je pouvais la sentir, moi aussi. Et cette odeur me provoquait des frissons qui se propageaient jusque dans ma colonne vertébrale. En moi, il y avait un prédateur qui comprenait ce que son agresseur ressentait en la traquant, une part primitive qui reconnaissait ce désir de fondre, victorieuse, sur une proie terrifiée.

Je pouvais le sentir, lui aussi, et je pouvais à présent déterminer avec certitude qu’il s’agissait d’un mâle. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était un homme, car il ne restait plus rien de ce qu’il avait été autrefois. Il avait l’apparence d’un être humain, mais sous ce costume de chair se trouvait quelque chose de monstrueux.

Je ne sentais que sa faim irrépressible. La fille n’avait pas eu le temps de s’inquiéter : une terreur foudroyante et sauvage l’avait submergée quand il l’avait prise en chasse brusquement. C’était sa peur soudaine qui m’avait attirée. J’étais là parce que la fille était très humaine et très vulnérable, et qu’il l’avait attaquée par surprise, ce qui était contraire aux règles.

Même si cette chose était sans l’ombre d’un doute morte, je savais que si je n’étais pas plus rapide que lui, la fille gonflerait bientôt leurs rangs. Et une fois qu’elle serait des leurs, cette infraction aux lois qui régissaient les vampires de ce monde deviendrait de toute façon mon affaire. Intervenir maintenant nous ferait donc gagner du temps, à moi et à quelques vampires bureaucrates.

Au point où j’en étais, je me serais dit n’importe quoi pour justifier cette poursuite.

La fille sortit de la forêt et piqua un sprint en boitant à travers la Grande Pelouse. C’est à ce moment-là que je me rendis compte que j’avais dépassé l’agresseur. Je continuai à les suivre à travers les bois, espérant que sa faim le distrairait assez pour qu’il ne s’aperçoive pas que je m’étais invitée à sa partie de chasse. L’odeur de sang dans l’air m’apprit qu’elle s’était blessée pendant sa fuite.

Elle clopinait à travers la pelouse, car elle avait cassé le talon d’un de ses escarpins et l’autre, attaché à sa cheville uniquement par la lanière, traînait derrière elle. Elle sanglotait, étouffait ses cris, et une part de moi se nourrissait de ces bruits avec un plaisir profond. Une faim animale me poussait à être la première à l’attraper, pour pouvoir la déchiqueter et la mettre en lambeaux.

Mais je ne pouvais pas. Je n’avais jamais tué un être humain, du moins pas un être humain au sang pur, et je n’allais pas commencer cette nuit-là. Je n’étais pas une machine à tuer comme lui. J’étais tout autre chose. Il était encore plus difficile de croire à l’existence d’un être tel que moi, que de croire à celle des vampires. Ma nature me permettait malgré tout de conserver assez d’illusions sur l’humanité pour considérer que tuer des gens, du moins des gens qui ne l’avaient pas mérité, était mal.

C’était maintenant ou jamais et je la suivis hors de la forêt, en accélérant. Sans essayer d’éviter les doigts habiles des branches rendus plus tranchants par les orages d’hiver, je fus violemment fouettée au visage, mais je continuai ma course. Je courus jusqu’à ce que chaque muscle de mon corps brûle et hurle de douleur, puis, je pressai davantage l’allure. Si j’avais été humaine, je me serais écroulée, j’aurais vomi sur l’herbe et je serais restée là, allongée pendant une heure, exténuée. Mais je n’étais pas humaine et j’étais capable de finir un marathon en conservant cette allure.

Il me fallut à peine une seconde pour la rattraper, une seconde qui me parut une éternité. Il était à découvert maintenant, il était à nos trousses. Je courus encore. Je continuai ma course jusqu’à arriver à sa hauteur et l’agrippai fermement par le bras pour l’entraîner derrière moi sans ralentir. Elle cria et essaya de se débattre, me prenant pour son véritable agresseur. Alors qu’elle enfonçait ses ongles dans ma peau avec une force surprenante pour une fille aussi menue, je réalisai qu’il n’y avait qu’un seul moyen de nous en sortir tout en la gardant en vie.

J’arrêtai de courir et la giflai violemment. Sidérée, elle ne prononça pas un mot, et on s’observa un moment.

Cette fille ressemblait beaucoup à ce que j’aurais été si j’avais eu une vie normale. Elle était mince et petite, avec des cheveux blonds. Mais, contrairement à moi, le bronzage de sa peau n’était pas naturel, elle le devait sûrement aux heures passées dans un cercueil de lumière ultra-violette. Elle portait également plus de maquillage que je n’aurais jamais pensé en posséder.

— Tu dois m’écouter attentivement maintenant. 

Il approchait, et vite. Je n’avais plus que quelques secondes devant moi.

— Je peux te sauver. Je peux te garder en vie. 

La terreur s’effaça de son visage et fut remplacée par une émotion plus terrifiante encore : l’espoir. Je lui en avais dit assez pour qu’elle comprenne que je voulais vraiment l’aider. Et tandis qu’elle commençait à intégrer ce que je lui disais, sa prise se resserra sur mon poignet. Elle me suppliait de ses yeux grand ouverts embués de larmes. L’espoir naïf que j’y lisais me noua les tripes. Garder en vie cette version mondaine et inadaptée de moi-même était devenu ma responsabilité.

— Mais j’ai besoin que tu restes à l’écart.

J’essayai de desserrer sa prise, elle ne se laissa pas faire. Je pouvais le voir à présent, une forme floue vibrante de rage et d’énergie qui fonçait droit sur nous.

—  Lâche-moi si tu veux vivre ! Lâche. Moi. 

Je l’écartais avec un peu trop de vigueur. Elle trébucha et s’effondra sur le sol, mais elle sembla au moins capter ce que je disais.

—  Maintenant, cours aussi vite que tu peux !

Elle recula en rampant et se releva. Après m’avoir lancé un dernier regard désespéré, elle se remit à courir, et j’eus tout juste le temps de me retourner avant d’être percutée violemment par un vampire qui me chargeait à pleine vitesse.

Informations complémentaires :
Auteur : Sierra Dean
Série : Secret McQueen
Titre : Secret débarque
Éditeur : Éditions Alter Real
Format : Ebook
Prix : 5,99€
Acheter : Amazon

Royales – Camille Versi

♦ Éditeur : Hachette romans
♦ Nombre de pages : 402
♦ Date de parution : 27 mars 2018
♦ Prix : 16,90€
♦ Acheter : Amazon ou Bookwitty 

Résumé : Margaret est la princesse parfaite, adorée de tous les Anglais. Généreuse, intelligente, polyglotte, cavalière émérite, menant de front des études de littérature, de politique et d’histoire par correspondance…
Son secret ?
Margaret n’existe pas vraiment. Elles sont seize. Seize sœurs.
Seize clones, éduquées à la perfection, créées pour faire rêver un royaume.
Mais les temps ont changé… Sur seize clones, il ne devra rester qu’une princesse.

Mon avis : Le résumé du roman m’a tenté, il ne m’en a pas fallu plus pour avoir envie de le lire.

Afin d’avoir la princesse parfaite, Margaret a été clonée. Elles sont maintenant 16, vivant dans un bunker, et remontant à la surface lorsqu’une de leur spécialité est requise. Mais, alors qu’elles sont majeures, il ne pourra plus en rester qu’une.

Dans les premières pages, nous faisons connaissance de Margaret-May, le personnage principal. Ce n’est pas un clone parmi tant d’autres et on le découvre assez vite. On fait également la connaissance des 15 autres clones et on s’attache à la personnalité de certaines. Toutes ne sont malheureusement pas « aimables ». Mais c’est la diversité qui fait aussi l’intérêt de ce livre.
Ce début avait l’air très prometteur. Mais très vite l’intrigue m’est apparue cousue de fil blanc. Pas de surprise, pas de révélation… Au fur et à mesure que certains personnages se présentent, on devine facilement quel rôle ils joueront dans l’histoire. À partir de là, j’ai eu beaucoup de mal avec ma lecture. Maragaret-May m’agaçait avec sa naïveté. Oui, cette naïveté est justifiée vu qu’elle a vécu toute sa vie dans un bunker, mais quand même… Trop c’est trop !
J’ai eu du mal à le lire jusqu’à la fin, même si justement cette fin remonte un peu le niveau global de ma lecture. J’ai donc été contente de voir que ce roman n’était pas une série, parce que je crois que je ne l’aurais pas continuée.

Je remercie Hachette Romans pour cette lecture.

37/60