Voleurs de justice – Véronique Moysan

♦Éditeur : Alter Real
Nombre de pages : 170
♦Date de parution : 25 novembre 2022
♦Prix : Papier : 17,00€ ; Numérique : 7,99€
♦Acheter : Amazon

Résumé : Un glaive dans une main, une balance dans l’autre, la statue de marbre surplombe le palais de justice. Ses yeux bandés symbolisent l’impartialité de la justice. « C’est surtout qu’elle ne veut pas voir nos conneries ! ». Voilà ce que pense Maître BB, fraichement sortie de l’école des avocats qui apprend son métier aux dépens du justiciable, en l’occurrence les clients de Gentil Patron, son maître de stage. Transsexuel en quête de genre, procureur hétéronormé, grand-père incestueux, juge fantasque ou greffier compatissant, tous vont se croiser pour un instant de vie dans un pathétique chahut où parfois, un moment de grâce sera accordé. Et que vient faire cette petite fille, victime collatérale de la vanité des uns, du pouvoir des autres, dans ce décor peut-être factice, mais souvent cruel ? Plongez dans l’envers du décor de cette vieille dame malade de sa lenteur expéditive qu’est l’institution judiciaire. Un récit mordant, à la plume cinglante, qui ne vous laissera pas indifférent ! *** Véronique Moysan a exercé la profession d’avocat pendant une vingtaine d’années. Après avoir prêté serment en 1998, et exercé dans un barreau de province, elle quitte la profession en 2018. Elle nous livre dans ce roman glaçant sa vision de la justice.

Mon avis : En plus des histoires policières j’aime les histoires de procès. Je regarde pas mal d’émissions sur la chaine planète crime. Un livre qui traite du sujet ne pouvait donc que me plaire.

Maitre BB commence en tant qu’avocat. Elle début dans un grand cabinet et apprend le métier sur le tas, comme cela semble être le cas pour tout le monde dans la profession. Les années passent et elle devient plus aguerri, même si être une femme dans ce milieu reste difficile. Mais elle n’est pas du genre à baisser les bras.

J’ai beaucoup aimé découvrir le monde professionnel des avocats à travers l’expérience de Maitre BB. Cet univers m’a paru moins obscure même s’il est clair que le système judiciaire de notre pays serait à revoir partiellement voire totalement. Une petite réforme ne lui ferait pas de mal. J’ai aussi appris comment fonctionnait les grands cabinets d’avocats, avec sa misogynie ambiante, et les (beaucoup) plus petits et que ce n’est pas un métier facile. Pour y arriver il ne faut pas compter ces heures !
Véronique Moysan nous offre en suite toute une palette de clients allant du plus dégueulasse au plus à plaindre. Chacun mérite d’être défendu, même si c’est plus difficile pour certains que pour d’autres. Tous arrivent avec leur histoire et tous vous marque un peu à leur façon.
La plume de l’autrice m’a séduite, elle est incisive et directe. Pas de chichi. À l’image de Maitre BB, son personnage principal, elle est franche et vulgaire quand elle s’énerve mais toujours avec pas mal d’humour.
Ce que je n’ai pas compris et n’ai pas réussi à caser dans ce court roman, c’est l’histoire en parallèle de Petite Fille. Elle est là, un chapitre sur deux presque, mais je n’ai pas su quoi en faire et à quoi la relier dans le livre… C’est le seul bémol de ce livre que j’ai beaucoup aimé lire et qui m’a fait apprendre pas mal de choses avec beaucoup d’humour.

Je remercie les éditions Alter Real pour cette lecture.