Intuitions Tome 1 – Rachel Ward

Éditeur : Michel Lafon
Nombre de pages : 331
Prix : 15,95€

Résumé : Depuis son plus jeune âge, Jem voit des nombres flotter au-dessus des personnes qu’elle croise. C’est le jour où sa mère décède qu’elle en comprend la signification : il s’agit de la date de leur mort. Ce don maudit la pousse à se couper du monde. Jusqu’au jour où elle rencontre Spider… Alors qu’ils partent ensemble à la grande roue de Londres, un phénomène étrange se produit : pourquoi tous les passants ont-ils le même nombre au-dessus de la tête ? Pris de panique, Jem et son ami prennent la fuite. Ils seront les seuls survivants de l’attentat qui va suivre, mais aussi les seuls suspects traqués par la police une fois leur identité révélée par les caméras de surveillance. Mais comment Jem peut-elle expliquer au commun des mortels les raisons de sa fugue, et surtout, comment ignorer la terrible vérité qu’elle peut lire en Spider ?

Mon avis : Intuitions c’est de la littérature pour ados, voire jeunes adultes, et moi et ce genre de livre on est un peu fâchés, je trouve souvent ça niais. Mais ayant eu l’opportunité de lire le T2, je me suis procuré le premier histoire de tout comprendre, même si les deux tomes peuvent se lire indépendamment.
Bon, d’accord, je l’avoue, j’avais aussi repéré le tome 1 depuis un moment, la couverture m’avait tapée dans l’œil et le résumé aussi… j’étais juste un peu frileuse. Qu’est-ce que je peux être idiote parfois ! Parce que ce livre est le plus émouvant que j’ai lu depuis longtemps !
Jem est une ado de 15 ans qui peut voir la date de mort des gens en les regardant dans les yeux. Lourd fardeau pour une gamine de cet âge. Elle vit donc un peu en marge de la société, ne se sentant bien nulle part, jusqu’à sa rencontre avec Spider qui arrive à forcer toutes ses défenses et à tisser des liens d’amitié. Jusqu’au jour où Jem voit l’imminence d’un attentat à travers tous ces gens portant la même date de mort prochaine. Les deux ados prennent alors la fuite à travers la campagne anglaise pour échapper à la police qui les poursuit.
Le style d’écriture de l’auteure est assez simple, le langage familier avec un vocabulaire d’ado très « coloré ». Les chapitres étant très courts le rythme de lecture est rapide, j’ai avalé le livre en moins de 24h.
La description des personnages les rend très réels. La morosité de Jem la rend attachante, on se rend bien compte que celle-ci cache une jeune fille fragile déjà malmenée par la vie. À son opposé il y a Spider, un grand jeune homme black, dégingandé toujours en mouvement, très extraverti qui à force de patience et de douceur va briser une à une les défenses de Jem. Je me suis prise de suite d’affection pour ce couple de gamins trainé malgré lui dans une affaire trop compliqué pour lui.
J’ai beaucoup aimé ce livre, pas pour l’intrigue ou l’histoire, qui ne sont pas extraordinaires, mais par l’émotion qu’a su transmettre Rachel Ward, je n’ai pu m’empêcher de pleurer les trente dernières pages. Le gros point positif de cet ouvrage étant ses personnages tellement réels, ses émotions tellement fortes, que je me suis plongée directement dans le tome suivant.
Un petit point négatif pourtant étant ce langage familier de ces ados, certaines réflexionscomme « tu ne sais rien de moi » sont, à mon goût, un peu trop employés. Maintenant ça colle avec l’image des ados constamment révoltés contre le monde des adultes, c’est juste mon côté adulte qui s’offusque un peu.

Le petit plus : je suis allée farfouiller sur le net et j’ai découvert que l’auteure était une ancienne actrice ayant joué dans Les oiseaux se cachent pour mourir.

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Masque de sang – Lauren Kelly

Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 301
Prix : 19,50€

Résumé : Riche et charismatique mécène, Drewe Hildebrand suscite le scandale en organisant une exposition de « bio-art », qui inclut des foetus et des masques faits de sang humain, dont l’un à l’effigie de Drew elle-même. Est-ce pour cette raison qu’elle disparaît de sa propriété située au bord de l’Hudson, apparemment kidnappée au cours de la nuit ? Sa jeune nièce Marthe, retrouvée droguée au crystal meth, est trop traumatisée pour décrire les ravisseurs. Saura-t-elle échapper à ses terrifiantes hallucinations pour aider la police ? Cette enquête haletante est aussi une plongée dans le monde des « bio-artistes » et une réflexion singulière sur l’art contemporain.

Mon avis : J’ai obtenu ce livre grâce à la générosité de la maison d’édition Albin Michel. Je n’en avais pas entendu parler avant de le recevoir, mais le résumé de la 4ème de couverture m’a attiré de suite étant une grande fan de thriller.

Dès les 1ères pages j’ai été happée par le livre. Il est écrit du point de vu de la nièce de la mécène disparue. C’est très confus sur les débuts, Martha étant sous l’emprise des drogues et j’ai apprécié ce côté fouillis, passant d’un souvenir à l’autre sans réel lien. Seulement ce côté fouillis a continué un peu trop à mon goût avant que je ne réalise que c’était voulu par l’auteur. Lauren Kelly a l’art et la manière d’entrainer le lecteur où elle veut par les chemins qu’elle veut, et pas forcément le plus court. Cette auteure est purement retord. Elle est simplement diabolique. Son style d’écriture est fluide, les mots employés simples, mais son talent réside dans les méandres dans lesquels elle nous emmène. Elle nous fait croire que nous sommes assez malin pour trouver le coupable, alors que nous sommes juste bon à nous laisser mener par le bout du nez.

Il est difficile de parler de ce livre sans vous en dévoiler la teneur et surtout la fin, mais j’ai aimé ce livre qui a un peu remis en question ma façon de voir les thrillers. Celui-ci est un thriller psychologique haut de gamme, où pas mal de choses sont suggérées pour embrouiller le lecteur. Le personnage de Martha, la narratrice du livre est attachant, et même si nous ne sommes pas toujours d’accord avec sa logique, il est difficile de ne pas éprouver de l’empathie pour ce nouveau genre de demoiselle en détresse.

Bref, un livre que je vous conseille vivement.